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Juste une tuerie

Publié le par Hemipresente

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Non, non, ne faites pas la grimace "beurk chocolat noir pistache, quelle drôle d'idée !". C'est juste parfait.

Publié dans Humeur du jour

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Wii ou non ?

Publié le par Hemipresente

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Si, si, elles savent jouer calmement et sans se disputer. C'est juste que là, tout de suite, elle n'ont pas envie de le montrer, c'est tout.

"Mais y'en a maaaaaarrrreeeeeeuh, maman Elsa elle fait n'importe quoi !
- mais c'est ma manette qui marche plus c'est pas moi !
- oui mais tu fais n'importe quoi !
- mais non c'est ma manette qui marche plus !
- oui mais tu fais n'importe quoi !!!
- mais non c'est ma manette ..."

"Stooooooop !" hurlé-je ! "C'est bon là ! On repose les manettes et on va se calmer dans les chambres ça me fera des vacances !"

"N'empêche que t'as perdu ... balance la petite en s'en allant, comme un dernier coup de pied de mule du pape
- j'ai pas PERDU ! s'agace la grande. J'ai juste pas gagné !" et elle met tant de mépris dans le ton de sa réponse qu'elle en cloue le bec à sa soeur (ce qui, pour qui connaît Elsa, est proprement phénoménal !).

Calme. Zenitude. Le clocher sonne la demie. Le clocher sonne moins le quart...Trop calme. Je quitte mes chaussons et me faufile dans le couloir qui mène à leurs chambres. Non, j'ai été mauvaise langue : Mathilde écoute de la musique et Elsa bouquine. Encore un quart d'heure et ce sera l'heure du goûter, et ensuite, que ferons-nous ? Il pleut, nous sommes fauchés (cinéma, musées : hors de portée et de prix) et la voiture est en rade. Vite, vite, faire marcher ses méninges. Patassel ? Je n'ai pas les ingrédients. Wii ? Déjà fait et ça finit toujours par partir en cacahuète. Promenade ? Le temps ne s'y prête guère. OK, on va sortir les grands moyens : on va gonfler la piscine. Ouais. Sous la pluie. Ouais on est des fous nous ! Et au premier rayon de soleil, hop, à la baille ! Bien mais c'est pas ça qui va les occuper mes puces, moi oui, le temps de récurer le liner qui a passé l'hiver dehors mais elles, point. Alors, alors, ne reste plus que l'ultime solution, le trompe-couillons à méninges : les cahiers de vacances.

"Mes amouuuuuuurs ?" 

 

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Jusqu'à la phobie

Publié le par Hemipresente

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Epeire diadème

Voir aussi : http://www.maxisciences.com/arbre/des-arbres-pakistanais-victimes-de-toiles-d-039-araignees_art13492.html 

 

Nous avions roulé longtemps pour rejoindre cette petite maison bordée de vignes, dans le Gers, suffisamment longtemps pour nous sentir dans un autre monde. Je détestais le voyage, nous nous disputions souvent, mon petit frère et moi, c'était trop long, trop loin ... mais une fois arrivés tout était oublié. Elle était coquette quoique rustique ; la décoration était conforme à l'image d'Epinal que les touristes attendent en gîte rural, rien n'y manquait.

Avec mon père, autre arachnohystérique, nous avions jeté dès le pas de la porte franchi, un rapide coup d'oeil aux angles de la pièce, aux rayons de la roue de charrette reconvertie en table basse, puis poussant notre exploration méticuleuse, à la salle de bains, à l'évier de la cuisine, dans les chambres sous les lits et aux plafonds, entre les poutres ... : impeccable, pas une toile ! Nous pouvions nous installer sereins. Je n'ai jamais vraiment su si cette inspection rituelle était uniquement destinée à me rassurer, moi, ou si elle lui était à lui aussi indispensable. 

Les valises furent bientôt ouvertes, les affaires rangées dans les armoires et les commodes, vieux meubles grinçant aimablement à l'usage exhalant une odeur de lavande et de bois brut ciré. Mon frère et moi n'avions plus rien à faire en attendant que la préparation du dîner avec les quelques provisions emportées s'achève. Nous partîmes nous promener.

La maison donnait sur son flanc droit sur un ravissant paysage de collines, doucement vallonné. Nous nous y engageâmes. Un chemin rarement emprunté par des véhicules motorisés, deux bandes de terre séparées par une ligne de verdure, y serpentait, nous le suivîmes, notre berger sur les talons. Le chien vaquait à ses trous, creusant quelque terrier, poursuivant quelque odeur, puis revenait vers nous, remuant de la queue et de l'arrière-train, il accomplissait son travail de rassembleur de troupeau en courant autour de nous en deux cercles joyeux, puis repartait.

Il faisait doux.

La nuit tomberait tard.

A mesure que nous avancions, le chemin se faisait plus discret, finissant par s'effacer totalement et disparaître, noyé d'herbes folles.

Nous nous retrouvâmes finalement en pleine nature, autour de nous des buissons d'épineux à hauteur de hanches, irrégulièrement espacés dessinaient un parcours sinueux, nous avions encore un peu de temps ... nous l'empruntâmes. Nous avançâmes ainsi quelques minutes, grisés de nature et de liberté.

Je m'arrêtai tout-à-coup, poils hérissés de la tête aux pieds : devant moi, à quelques centimètres de mon ventre, se tenait une de ces toiles immenses en nappe que tissent les très grosses araignées d'extérieur ; en son centre trônait une bête striée de vert et jaune, abdomen énorme et pattes crochues écartelées deux à deux. Elle était, d'une certaine manière, magnifique, l'épeire diadème dans toute sa terrifiante splendeur.

Je reculai précautionneusement.

Mon frère s'était arrêté, il n'avais pas peur des araignées mais lorsque d'un mouvement du menton, incapable de parler, je lui désignai la Bête il frémit du haut de ses sept ans. Le soleil descendait déjà sur l'horizon.

La voix de mon père nous héla : "Les enfaaaaaaaants, à taaaaaable".

Nous nous retournâmes, enchantés de rebrousser chemin.

Devant nous, nous séparant de la maison, s'étendaient les collines que nous avions parcourures insoucieux en trottinant, et sous les rayons obliques du soleil déclinant, devant nos yeux décillés, elles nous apparurent alors semées de voiles de coton poussiéreux : partout les épeires avaient tissé leurs toiles. Elles étaient des dizaines ... La racine de mes cheveux amorça un mouvement vers la perpendicularisation. Je pris la main de mon frère dans la mienne, et nous entamâmes une retraite à tout petits pas. En silence, je serrais ses petits doigts dans les miens pour me donner du courage. Nous vîmes quelques monstres, larges comme ma main d'alors, nous frôlâmes des toiles multiplement habitées, nous contournâmes des buissons enturbannés ... A aucun moment nous ne nous parlâmes. Enfin nous rejoignîmes le chemin.

Je crois que sa phobie date de ce jour-là ...

Publié dans Quand j'étais

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Le soir

Publié le par Hemipresente

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Asseyons-nous côte à côte, nos souffles à l’unisson, sur la mousse tiède et jaunie. Le soleil descendra bientôt derrière la grange, disque, croissant, rai rouge qui s’éteint, obscurité montante. Nos pupilles s’accoutumeront à la nuit qui se tend.

Les constellations d'août, que tu découvres avec ravissement, et quelques étoiles filantes, éclats de voix parmi les murmures, transperceront bientôt tout-à-fait les ténèbres.

 Nous verrons apparaître les bêtes que nos peurs oublient le jour, l’ombre difforme d’une araignée en équilibre sur le fil du muret, le vol éreinté d’une chauve-souris qui semble se hisser à chaque battement d’ailes puis retomber abattue, nageuse exsangue, en zigzags erratiques.

C’est alors seulement, avec beaucoup de chance, humbles et transparentes, figées, ne respirant que par la bouche, que nous pourrons apercevoir très loin à l’orée des bosquets communaux la biche dont je te parlais hier, avec ses deux faons, tu sais ? Cette grâce inquiète qui la fait se mouvoir si souplement émeut tant nos regards que toute la nature autour semble se resserrer sur elle.

Lorsqu’elle sera repartie, désaltérée ou effrayée par nos bruits domestiques – la ville est proche – nos yeux obnubilés n’auront pas perçu la nuit se refermant sur nous. Nous aurons froid comme après un rêve.

Je prendrai ta petite main dans la mienne pour que tu n’aies pas peur. Nous rentrerons, chuchotant à peine, le pas léger étouffé par les herbes que je tarde à couper, fendant les chants des criquets qui se taisent puis reprennent après nous.

Publié dans En douceur

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Elle ira manger chez sa mère, je prends les paris.

Publié le par Hemipresente

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Hier, j’avais rendez-vous avec mon neurologue. 

Je quittai donc, guillerette n’exagérons rien, mais déterminée, mon domicile, une heure et quelque avant l’heure dite. C’est que j’habite à plusieurs kilomètres de chez lui et que, restant désespérément dépourvue de permis de conduire, il me faut, par souci de légalité et pour préserver mes concitoyens, recourir à d’autres moyens de transport que la voiture. Le train en somme. 

Tout était bien prévu : j’avais regardé les horaires d’été en journée, j’avais préparé une bouteille d’eau bien fraîche (que j’ai bien entendu oubliée), ma carte SNCF était bien dans mon nouveau sac, lequel j’arborais fièrement (il est drôlement joli), je m’étais donné vingt minutes pour parcourir les huit cents mètres me séparant de la gare (c’est que je suis devenue un peu lente), bref j’avais pensé à tout. Pour une fois, je croyais même avoir un peu d’argent sur moi ! 

C’est donc avec une certaine avance que j’arrivai à la gare. Quelle ne fut pas ma surprise – là je ménage mon effet pour créer un minimum de suspense – lorsque le train s’annonça cinq bonnes minutes plus tôt que prévu. « Bah » me dis-je « avec les horaires d’été, j’ai drôlement bien fait de partir tôt ». Ravie de ma prévoyance, je me fendis d’un SMS à mon époux.

Entre ma gare de départ et ma gare d’arrivée, le train met une petite dizaine de minutes. Etant partie une heure dix à l’avance, je me prévoyais un délai confortable pour parcourir, à destination, le kilomètre et demi me séparant de chez le neuro. J’envisageais même de prendre le temps de me payer à moi-même un petit Perrier rondelle avant que d’entreprendre ce périple pédestre, qui me prendrait bien une bonne trentaine de minutes. 

Le temps passa, comme il a l’habitude de faire lorsqu’on est entre deux destinations. Je m’étais installée confortablement et clavardais paisiblement avec mon époux que sans doute mon babillage agaçait au travail, mais il avait la gentillesse de me répondre.

Derrière moi, hors de portée de mon regard mais pas de mes oreilles, un couple se chicanait gentiment. Elle « Mon amour, je n’ai pas très envie d’aller chez ta mère ce week end ». Lui  « oh s’il te plaît, elle va nous préparer mon plat préféré, c’est gentil » Elle « Elle te prépare toujours ton plat préféré … » Lui « eh bien c’est parce qu’elle est toujours gentille ! ». Il doit sans doute lui sourire. Elle l’embrasse. Oh ces deux-là n’en sont qu’au commencement de leur aventure humaine …

Curieuse, je suis tendue dans l’écoute. De dos par rapport à eux, je n’ai pas à détourner le regard pour éviter de les voir se bécoter : ma position est idéale. Je poursuis mon observation méticuleuse, je me retourne même une seconde pour fixer leurs visages dans ma mémoire : le goût du détail me donne toutes les audaces.

Dans ce mouvement rapide de la tête, un détail me happe en dehors du train : ces aiguillages que j’ai sentis, ce changement de voie … corrélés à cette maison que mon œil vient furtivement d’apercevoir … Bon Dieu ! Mais ce con de train ne s’arrête pas ! Je regarde l’heure : nous sommes partis depuis douze minutes, et il est allé à un bon rythme, pas de retard à annoncer, pas d’arrêt en pleine voie. Ne croyez pas que la lumière se fit alors dans mon esprit, non, je pris d’abord le temps de me plaindre par SMS à mon époux. Il fut chaleureusement magnanime : il ne rit pas. Mais il souligna que, peut être, l’avance annoncée n’était pas celle que j’avais crue … Avais-je pris le bon …. ?

Pour vous la faire courte : ben oui, je me suis plantée. J’ai pris le seul direct Paris de toute l’après-midi, qui passait huit minutes avant le train que je visais. Mais comme, précautionneuse plus que de raison, j’étais arrivée en avance à la gare …. Je me suis donc retrouvée, sans titre de transport qui plus est, au terminus, il m’a fallu courir pour m’acheter un billet – je parie ma chemise que si je ne l’eusse pas fait les contrôleurs seraient passés - puis courir pour reprendre le même train qui repartait dans l’autre sens, non sans avoir emmerdé trois voyageurs et un chef de quai quant à sa destination et à ses arrêts (courir, le mot est un peu fort, mais je me suis hâtée horizontalement). J’ai fini par arriver, suante et puante, une heure en retard chez le neuro, qui, averti téléphoniquement, a fort aimablement accepté de me prendre malgré tout, et, plus appréciable encore, n’a fait qu’esquisser un sourire à l’énoncé pourtant laconique de ma méprise.

Au sortir du rendez-vous, mon époux est venu me chercher à la gare, je n’étais pas précisément sur son chemin de retour à la maison, mais il a dû penser que j’en avais assez pour aujourd’hui. Merci à lui. Tacitement, nous avons choisi de ne pas évoquer l'incident.

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