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Heartache

Publié le par Hemipresente

Chat.jpg

Adieu petite flamme, petite âme, petite bête. Adieu mon compagnon, mon ami, mon oreiller, ma boîte à ronrons, mon râleur, mon très doux, ma boule de poils soyeux, mon emmerdeur de cinq heures du matin, mon gratteur nocturne de caisse, mon grimpeur d'épaules par surprise, mon dévoreur de brioche, mon voleur de viande, mon tataneur de chien, mon insoumis, mon plus beau chat du monde, mon "gaggggooooooon !", mon fouisseur de couette, mon pisseur sur traversin, mon dévoreur de thon et d'asperges, ma frêle petite lumière. 

Publié dans Amours

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Amitiés diverses

Publié le par Hemipresente

Lui son truc c'est les reubeus. Il passe toujours entre eux quelque chose d'indicible (emmerdant pour un écrivain). Moi en général c'est les 'tos. Depuis toujours. Mon frangin les gnaks. Bon c'est comme ça qu'est-ce que tu veux ?

Donc, avec son pote reubeu qu'il a invité dans sa maison de vacances, ils décident de s'attaquer au garage, parce que le gars en question, en plus d'être plus diplômé que Claudie André-Dehaye c'est ce qu'on appelle un copycat  : il suffit qu'il voie un geste bien fait pour l'apprendre. Cerveau différent, supériorité, évolution de l'espèce, qui sait ? Donc faire une dalle en béton il l'a vu faire une fois et il sait.

OK, mais du béton ça se trouve pas comme ça. Nos deux lurons font le tour des entreprises du coin. Bourgogne profonde. Très profonde ...

"Tu sais il vaudrait mieux que je sorte pas de la voiture ou alors que tu dises que je suis ton ouvrier".
"Mais non voyons, ne sois pas ridicule, allez, viens avec moi"

Il s'exécute, l'autre ; mal, très mal, coutumier de ce qu'il va vivre.

"Bonjour Messieurs, mon ami et moi on vient vous acheter du béton pour faire une dalle"
"C'est votre copain le gars là ? z'êtes sûr que c'est pas plutôt vot'ouvrier ?"
"Euh non c'est mon ami"
"Du béton on n'en a plus".
Ils entendent des mots, sales, en rebroussant chemin, on va quand même pas vendre des trucs à un pédé qui se tape des ratons ??

Deuxième, troisième, quatrième entreprises. Mêmes réponses. Plus ou moins voilées, plus ou moins extrêmes.

"Tu sais, tu devrais vraiment dire que je suis ton ouvrier".

Ce serait si simple ...
Oui mais le gars qui veut refaire son garage, c'est mon père. Et mon père il est pas franchement prêt à s'asseoir sur ses principes pour un garage.
"Je ne dirai jamais que tu es mon ouvrier, jamais tu m'entends ? Soit on en trouve un moins con que les autres, soit je refais pas mon garage ! Parce que de toute manière ceux-là ils peuvent toujours courir pour que je retourne acheter quoi que ce soit chez eux".

Ils continuent ; la journée passe ; les kilomètres et les refus s'accumulent. Vers la fin de l'après-midi, un chef de chantier consent à leur vendre du béton, celui-ci ne pose aucune question, il s'en fout.

Le reubeu en question, bande de têtes de couilles qui avez peu de chances de me lire, est non seulement pas l'ouvrier de mon père, ce qui répondrait à vos poncifs et rentrerait dans les tooooooutes petites cases de vos tooooutes petites cellules grises, mais il se trouve qu'il est sur les rangs pour recevoir l'équivalent du Nobel de mathématiques, pour avoir, entre autres, modélisé qu'il est prévisible pour une tumeur donnée de connaître son évolution et ses localisations. Et il t'emmerde. Et moi aussi. Et mon père avec. Et un jour des cons comme vous on en viendra à bout.

Publié dans Je m'engage

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Pour de rire

Publié le par Hemipresente

As-tu vu les deux chats, les deux chats sur le toit ?
L’un des deux est tout blanc, l’autre tout noir, comme toi
As-tu vu les deux chats, les deux chats sur le toit ?
Les deux sont aussi beaux, mais pas autant que toi

As-tu vu les deux chats, les deux chats sous la lune ?
Plus de noir ni de blanc, leurs couleurs ne font qu’une
As-tu vu les deux chats, les deux chats sous la lune ?
Ils ne sont plus qu’un corps, gris, blotti, à la brune.

As-tu vu près du puits les trois nouveaux chatons ?
Un noir, un blanc, un gris, mélange des deux tons.
As-tu vu près du puits les trois nouveaux chatons ?
Tous jolis, doux et gras, pareillement mignons.

Publié dans Pwouèsi

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Veilleur de nuit

Publié le par Hemipresente

Il la rejoint tard, il aime ces heures de veille qui ne sont qu'à lui ; il descend lorsque tout bruit sur la ville résonne sec et claque, alors que les chats ont terminé de chanter sous la lune leurs sérénades sauvages pour  rentrer, rayonnant de leur puissance acquise et maîtrisée, le ventre fécond, déposer des pochoirs crasseux de trèfles parfaits sur le moelleux des canapés où les attendent parfois des maîtres inquiets ; elle est dévêtue lorsqu'il pénètre dans la chambre, elle dort toujours nue, le drap léger a glissé sur elle ; elle se tient sur le ventre ; toujours elle place sa main droite sous le traversin immense et s'y liane comme il aimerait qu'elle l'enlace ; jambes offertes à la seule fraîcheur du tissu, son corps s'est incliné presqu'entièrement sur le côté mais il devine pourtant la naissance émouvante d'un sein qu'elle ne cache pas, l'interstice entre les rideaux et la lune gibbeuse ont déposé juste en travers du lit un faible rayon qui se perd dans les recoins et les moiteurs douces ... elle sait ... il contemple ses épaules frêles encore, son dos contre lequel il aime à se serrer pour la sentir tout-à-fait offerte, tout-à-fait en confiance, en sécurité, il se sent fier de pouvoir lui offrir cela, frustré comme un satyre mais fier, fier, gonflé de cet amour qui prend ce qu'elle lui donne ; et puis cette fente esquissée, espérée...  Elle dort déjà d'un sommeil profond, agité de rêves qui l'inquiètent, faisant passer sur son visage aimé des ombres trop grandes pour elle, il guette, il veille. Il s'est dévêtu sans que les frôlements de ses frusques amassées en boule et jetées bas ne viennent  interrompre ou nourrir les songes qu'elle mime. Il guette toujours sur ses traits la crainte et l'angoisse, celles qui, fuyant tout le jour, s'enferment trop loin dans son esprit pour qu'elle leur en permette l'accès hors des vapeurs des songes. Il voudrait être le sauveur qui l'extirpe de quelque monstre de bureau dévoreur de cervelle et d'autodiscipline, tortionnaire, méthodique, étrangleur. Il y parvient, parfois. Il caresse ses cheveux "chut mon amour c'est un cauchemar, tout va bien" Elle  gémit, les sourcils froncés. "Chuuut tout va bien je suis là". Elle s'éveille une seconde, se blottit contre lui,  petit à petit son souffle s'apaise, elle pose sur son torse une main brûlante qui mécaniquement caresse avant de retomber, molle, et dès que son souffle régulier semble tout près de l'endormir lui aussi, il se dégage avec une douceur infinie, elle se retourne et reprend sa place initiale, remonte le drap ...Voilà, telle est sa nuit ce soir, comme d'autres soirs. 

Publié dans L'homme

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