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"Ca, c'est Mozart !"

Publié le par Hemipresente

http://www.ec-vilar.ac-aix-marseille.fr/spip/IMG/jpg/Mozart.jpg

 

Un mien ami, grand, très grand amateur de Mozart et très bon père de famille, fait régulièrement découvrir à sa Camille de fille les oeuvres majeures du répertoire classique, lui énonçant systématiquement le compositeur, et le nom de l'oeuvre "ça tu vois ma chérie, c'est Mozart, c'est le Requiem" "Ca tu vois ma chérie c'est ..." il faut bien l’avouer, et il y sacrifie, Mozart étant « le plus grand » revient souvent ! Le Mimillon est âgé de 2 ans à peine, mais il n'y a pas d'âge pour apprendre n’est ce pas ? Le jour de la fête de la musique arrive, la demoiselle est dans sa poussette, sucette en bouche, chapeau rose en velours milleraies vissé sur la tête, doudou en main, ses petons joliment dodus enserrés dans des chaussettes semblant trop petites dépassent de ses sandales, elle est adorable et très sage. Il fait beau, et la musique semble partout attirante et douce. Les parents déambulent entre les musiciens et groupes improvisés, et au gré de leur promenade, tombent sur le grand orchestre de Radio France. Les passants s'arrêtent tous pour écouter, s'asseyent ici et là, cessent de baguenauder et se laissent gagner par la mélodie puissante, les cordes, les cuivres, se répondeant, les motifs entremêlés se rejoignant pour se séparer, on est là dans du beau, du très beau ; le chef d’orchestre est habité, transcendé par la musique. Camille ouvre tout grand ses oreilles et son âme, concentrée à l’extrême, tétant dans une succion furieuse sa sucette rose. Dix minutes s’écoulent ainsi ; absorbée, fascinée par les gesticulations du petit bonhomme en queue de pie, émerveillée par le timbre des instruments, elle tète, elle tète, puis tout à trac sort la sucette de sa bouche et à la stupéfaction des auditeurs présents énonce fort et clair, et avec une parfaite exactitude malgré son sseveu sur la langue un "Ca, c'est Mozart !" qui fait même se retourner les musiciens. Fier le papa ? Il avoue avoir tenté d’éduquer l’oreille de sa fille à d’autres grands mais désespère de lui faire pour l’instant distinguer Brahms de Rachmaninov. Camille a aujourd’hui cinq ans …

Publié dans Tendresses

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Petit Lapin suit son nez

Publié le par Marie-Laetitia


« - Et moi maman, pourquoi je n’suis pas mon nez ?
- Ca t’arrive mon cœur.
- Quand ? »


Lorsque tu passes tout près de la lavande qui déborde sur l’allée et que ton épaule menue s’y frotte, faisant presque apparaître un nuage de son parfum piquant et mauve aussi impalpable et pourtant perceptible et présent qu’un génie sortant de sa lampe, lorsque le regard et les narines attirés par le massif, tu tournes la tête, tout enivrée, et ne peux retenir ta main qui caresse les fleurs naissantes et les bourgeons… tu suis ton nez. 

Lorsque tu débaroules, le sourcil haut et l’air de ne pas y toucher, dans la cuisine close à l’atmosphère un peu confinée d’où montent à ta chambre malgré la hotte les effluves de compote bloubloutant à fond de casserole, que tu tires ton petit tabouret sous le bar pour te hisser à bonne hauteur et contempler ce qui se mijote, sans mot dire, tes yeux qui pétillent d’impatience et de fringale contenue quémandant la cuillère en bois que je vais bientôt te tendre, soufflant bien fort dessus, la main gauche placée en coupe prête à recueillir la précieuse goutte des gourmandes qui ne manquera pas de choir … tu suis ton nez. 

Lorsque tu plonges les doigts et la bouche en bisou dans les poils de ventre du chat abandonné pattes en l’air dans cette position torsadée qu’il affectionne, sa bedaine grassouillette chauffée par le rai de soleil qu’il envahit laissant apparaître ça et là dans la fourrure noire moins dense et duveteuse les tétounes inutiles de mâle dans des touffes blanches, que tu t’étourdis de son ronronnement conquis et t’en relèves l’œil mi-clos, le sourire bienheureux en t’exclamant « il sent le nounours ! » … tu suis ton nez.




Publié dans En douceur

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