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Verse

Publié le par Hemipresente

Verse moi de l'oubli, une larme, de l'absinthe en mots, des idées vaporeuses. Merci. Le breuvage me délie les idées.
Je t'écrirai tout un monde perdu, je t'inventerai des Harry Potter, des dragons, des fées, des pays sans cris et des hommes sans violence. Je te ferai un monde tout doux et je te regarderai, fleur parmi les fleurs, grandir à l'ombre du jardin que je plante. Je bercerai tes pleurs, tu peupleras mes nuits.


Le deuil de l'enfant parfait s'accompagne du deuil de la mère parfaite, je présume. Je voudrais être juste la meilleure moi possible, tu sais ? je ne peux pas te promettre plus que ça, honnêtement, mais pas moins non plus sans rougir.

 

Je voudrais être ... pas ta confidente ... ni ton amie ... je serai forcément autre chose, c'est mon rôle... mais je voudrais être toujours un recours, un port secret dans une crique au calme. Saurai-je ? Je n'ai jamais été très paisible, j'aimerais que toi tu saches l'être. Quand je te vois croquer avec ravissement dans un abricot, laissant échapper un petit grognement de contentement lorsque sur ta langue la pulpe sucrée acide s'écrase contre ton palais, je devine l'océan de plénitude possible, des ressources de force, de vitalité, de sensualité que tu as accumulées au fil des mois et qui vont te construire.

 

C'est merveilleusement émouvant et doux et beau, cette personne humaine que tu deviens. Je te voudrais pas trop sage, pas trop douce, pas trop soumise, et si possible pas trop passionnée s'il te plaît, mais tu feras comme tu pourras, et si tu es très sensuelle tu seras très passionnée, comment faire autrement.

Publié dans Amours

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Mes loups

Publié le par Marie-Laetitia



 

Je marche contre le vent, jambes s’enfonçant dans la neige jusqu’au genou.

Le blizzard griffe les joues, ferme les yeux, givre les sourcils.

A chaque inspiration ce goût de sang dans les poumons, âcre, fumé, violent, mais je suis encore vivante !

Les hurlements mêlés du vent et de la horde qui guette tout autour de moi, sans nom, toute de dents et de griffes, se resserrent, tourbillons, constriction. Le cœur me cogne dans la bouche, ouverte, qui relâche par paquets une buée déjà froide à peine exhalée, palais palpitant, langue sèche. Je transpire sous la glace qui se dépose en minces couches, incessantes, toujours renouvelées, et je refroidis lentement, je m’engourdis, je m’abandonne.

A une croisée de chemins, à bout de forces et de courage, je m’adosse à un sapin immense qui a grandi sur un tertre, en vigie. Face à moi, se frayant un chemin à travers le vacarme de la tempête s’engouffrant à découvert dans la clairière, les grondements sourds se rapprochent.

On sonne le buffet et c’est moi qu’on dévore.

 


Publié dans Pwouèsi

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