Epatantes
Ma cadette est une bavarde, une authentique. Même pendant le goûter, même la bouche pleine, même avec une paille dedans, elle est incapable de s'arrêter de tchatcher, c'est plus fort qu'elle.
Elle lit depuis la grande section de maternelle (tout en ayant sauté la moyenne) mais rechigne pour l'instant à prendre un livre. Ca viendra.
Elle est d'une souplesse époustouflante. Je n'ai jamais réussi, même à son âge, à faire le dixième de ce qu'elle fait.
Lorsqu'à l'école un copain lui donne un bonbon, elle en réclame toujours un second "pour Mathilde".
Elle est plus ou moins coincoinphobique depuis toute petite.
Elle est pleine de grains de beauté qui me font fondre et nous en dressons souvent la carte à coups de bisous.
Elle a en elle-même une confiance le plus souvent inébranlable, mais lorsqu'elle doute elle est inconsolable.
Elle sait pleurer quasiment sur commande, et en use.
Mon aînée chante très joliment, d'une toute petite voix très douce, mais uniquement lorsqu'elle croit que je ne l'entends pas.
Elle adore lire - "sauf les Lettres de mon moulin" ronchonne-t-elle au-dessus de mon épaule.
Elle commence à râler si je l'appelle "bébé" mais déteste grandir. Elle a pleuré lorsque nous lui avons confirmé qu'à onze ans elle ne recevrait pas de lettre l'invitant à poursuivre sa scolarité à Poudlard.
Elle est d'une finesse étonnante pour une enfant de son âge, mais n'y voit pas du tout un signe d'intelligence. Elle se trompe.
Elle fait preuve déjà d'un humour très abouti, et se paye souvent des fous rire d'anthologie qui la laissent pantelante et bavant, le cul par terre.
Elle a appris à nager en trois demi-heures, et parcourt dix longueurs avec une facilité déconcertante. Elle apprend à présent le dos crawlé et s'initie à l'utilisation des palmes.
Elle écrit quelquefois dans son journal intime, qu'elle cache dans un tiroir fermé à clé - mais elle l'a égarée dix fois et requiert toujours mon aide pour la retrouver dans son bazar.

