Overblog Tous les blogs Top blogs Famille & Enfants
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

amours

T'aider maman !

Publié le par Marie-Laetitia


Tap tap tap tap tap tap tap tap ... petap tap tap tap tap

"Mamaaaaaaaaaaan"
"Maman z'ai pas fait la bêtise moi"

Aïe ...
"Maman t'es pas fâssée hein, t'es zentille ?"
Le tortillage de cul mains dans le dos est à son maximum de mignonnerie, le sourire si magnifiquement délicieux qu'on la mangerait de bisous, et le regard par dessous la mèche qui retombe devant les yeux est un mélange d'interrogation inquiète et de supplication tendre ... C'est plus de l'expressivité, c'est du calendrier des postes avé les chatons.

Je dépose mon rouleau détrempé de peinture blanche dans le seau, m'essuie le front d'une manche inexistante (mais si je dis "sur mes poils de bras" ça fait moins sexe), et tout en rejoignant sa chambre à l'autre bout du couloir,  quémande d'une voix un peu inquiète une explication ...
"Qu'est ce qu'il y a bébé, tu as fait une bêtise ? "
"Non z'ai pas fait la bêtise, c'est pas moi, t'es pas fassée hein ?"
"Noooon, mais montre-moi"

Eh ben c'est super chiant à effacer, vachement plus qu'on n'imagine, la craie. Blanche. Sur le papier peint. Vert.

Alors non, elle n'a pas eu de fessée la minimiss, on a recadré dans la joie et la bonne humeur... elle s'était déjà payé le luxe de barbouiller de feutre veleda touuuut le bas de la bibliothèque mais bon, vous m'direz, c'est toujours mieux que la grande soeur qui avait redécoré au même âge son lit, le tour du lit, la couette, la housse de couette, avec un feutre indélébile qu'elle m'avait subtilisé hein ? Paraît que c'est un signe de grande créativité ! Et mon calme olympien sera-ce interprété comme de la mansuétude ou le signe d'une intense fatigue ?

Parce que ces temps-ci, pour être créative elle est créative, ma deuxième-née. Peinture avec les doigts, maquillage des yeux de sa poupée au feutre, maquilalge de son herself en 3D au stylo de maman "'pour faire le papignon de la fete de l'école de Batil", épluchage méthodique de deux paquets de lingettes artistiquement déposées en gerbe une à une sur son lit, dégustation de litière du chat, essais de mélange entre shampooings dans la baignoire vide, brossage du chat ... et j'en passe et des meilleures. Ah j'oubliais le nettoyage de la table, des chaises, du tableau blanc, des poignées de portes ... aux lingettes à cul imbibées de lotion hydratante ... un bonheur à nettoyer. "t'aider maman ! moi va t'aider"... Maintenant quand j'entends ça, je cours.

Or donc, petite minette chérie douce et tendre à mon coeur, on va conclure ici un marché : je te pardonne par avance toutes tes bêtises sans conséquences autres que matérielles (ma statuette de chat explosée parce que tu voulais voir si "a ronronne quand ze caresse" je l'oublie) et toi, en échange, tu t'engages à exploiter au maximum ta gouaille, ton charme, ton rire merveilleux, ta présence, en allant dès que tu auras l'âge, t'éclater sur les planches. Parce que sérieux, y'a quelque chose, là, en toi, autour de toi même, de pas commun. Un appétit de la vie qui te fait resplendir, qu'on a envie de partager avec toi, et qui ne peut que grandir encore et étinceler. Alors sois toi-même et sois-le bien ma douce. Et arrête de vouloir m'aider hein ?

Publié dans Amours

Partager cet article

Mon amour enfant

Publié le par Hemipresente

A l'heure où l'heure n'a plus de sens, 


A l'heure où le temps tourne sans but, 

 

Je me retourne sur ma vie et je te vois, toi qui as donné un but à toute chose, une valeur à tout acte, un zéro et un axe à ma vie. Je serai toujours là pour toi, en toi, quoi qu'il arrive, je serai toujours là pour te voir grandir et vieillir, je serai toujours dans ton coeur, tu seras toujours là pour justifier mon existence, et de proche en proche ainsi la vie trouve sa justification et son but ultime : l'amour. Sans foi, sans croyance, sans autre but que te rendre heureuse, je suis en quête de temps, de paix, et d'amour. Tes yeux immenses et inquiets me sondent. Je t'aime. Je serai toujours là parce qu mon amour ne peut pas mourir, parce qu'il est plus fort que moi, parce qu'il me dépasse et m'englobe. L'avenir n'a de sens qu'avec toi, je suis une pierre sur ton chemin, fais le large, grand, beau, fais le utile aux autres, fais le inéluctable. Je t'aime.

Publié dans Amours

Partager cet article

Au creux de la ronde

Publié le par Marie-Laetitia


Je tiens ta petite main dans la mienne. Tu ne dis pas un mot. Tu sembles repasser un à un des gestes, des paroles, et je contemple ta concentration posée, contenue, avec tendresse et émotion. Ce matin tu as le trac, un trac monstre, il ne te lâche plus depuis deux jours, hier soir tu me confiais dans un sanglot ne même pas vouloir venir, tu en as pleuré la tête dans ton coussin, cachée, vaincue ... J'ai dit les mots, les seuls possibles mon amour, je ne t'ai pas laissée t'enfermer dans cette peur qui se serait alors muée en panique à la prochaine représentation, j'ai cédé pour le judo mais non, pas pour le spectacle, tu iras mon coeur, tu iras et tu y arriveras et petit à petit tu dompteras cette angoisse paroxystique des anxieux dont tu fais hélas partie, parce que le cerveau, merveilleux calculateur de statistiques, doit plier devant le nombre, la répétition, la régularité, des succès bien réels face à la masse des échecs redoutés.

Dans le préau tu te coules hors de ma vue pour rejoindre ta classe, du bout de l'oeil je t'aperçois riant aux éclats avec ta grande copine la pestouille Manon que tu détestes et chéris tour à tour, là, tout ira donc bien, l'étau autour de ta gorge se desserre, je prends pour moi seule tes craintes et lisse mentalement du doigt mes plus jolis grigris.

Lorsque nous entrons dans la salle pour prendre place, dans un brouhaha festif, joyeux, relevé d'éclats de voix et de rires nerveux,
vous êtes déjà en ordre, classés par taille pour chanter. Toi, toute menue et frêle avec ton année d'avance, tu trônes au premier rang, mains bien à plat sur les genoux sauf lorsqu'il faut replacer derrière l'oreille cette mèche trop courte dont l'élastique ne peut attraper la pointe. Tu es celle à qui la maîtresse confie sa partition entre deux chants. Tu es celle qui articules et guides les autres. Tu es celle que les camarades regardent et guettent en reprenant leur souffle. Et tu ne le sais pas, tout cela. Tu es mon centre du monde, mais tu ne perçois pas que pour d'autres déjà tu es quelqu'un, un petit quelqu'un de plus. Je suis fière, bêtement, oui, comme une maman chat, juste animalement. C'est la mienne, vous voyez celle-ci qui chante si bien ?

C'est ta troisième et dernière année de maternelle, et ... Oui je pleure chaque année, de te voir si magnifique, de fierté, de nostalgie anticipée, de te voir grandir, de voir un tout petit morceau de tout ce que tu apprends lorsque tu vis ta vie de petite fille, le résultat de tout ce temps que tu passes chaque jour loin de moi et qui te pèse, à toi, de moins en moins ... Je m'éloigne volontairement de ton papa, voilà ainsi tu es à moi seule, et mes émotions se livrent sans fards, sans complexes non plus, je n'aime pas qu'il me voie pleurer même pour du bonheur, ça me l'attristerait.

Comme tu es sérieuse, appliquée, belle, sereine à présent, je distingue ta voix au milieu des autres, je la connais si bien ! Elle est difficile la chanson, et tous les parents serrés les uns contre les autres sur les quelques bancs et debout en fond de salle se laissent parcourir par un même frisson d'orgueil, qu'ils sont beaux, ce sont les nôtres.

Les applaudissements déferlent à vous étouffer, vos sourires nous font frapper plus fort encore, des sifflets, des "encore !", des "bravooooo !" et je ne suis pas la dernière, qu'importe le regard des autres, moi je veux que tu m'entendes ! et tu m'entends et me souris.

Nous sortons quelques minutes, une autre classe est en scène, et lorsque nous revenons enfin, tout a été chamboulé, les bancs repoussés ... place à la danse. Ta petite moue concentrée me donne une seconde d'anxiété mais non, je te fais toute confiance, et si toi tu ne le sais pas, moi je ne doute pas une seconde que tout ira bien.

Vous formez la ronde. Tu ne souris plus du tout. La musique commence, vous tournez, la musique s'arrête ... La maîtresse qui passait derrière vous te pousse tout doucement au centre de la Ronde, te voici seule en scène mon amour ! mon coeur bat à se rompre ! Seule, souple, appliquée, tu exécutes les trois petits pas qui lancent la danse et vas chercher celui à qui tu passes le témoin et que tu fais entrer avec toi dans le cercle. Tu ne m'avais rien dit ma douceur, pour ne pas gâcher la surprise, et voilà d'où te venait toute ta peur, comme tu es forte déjà, pénétrée de l'importance de ton secret, comme tu m'impressionnes ma fille, ma tendre sauvageonne, comme je t'aime. Je t'aime, je t'aime, je t'aime, grenouille, libellule, papillon, et lorsqu'enfin libérée tu viens te jeter dans mes bras je te respire comme aux premiers jours, le nez dans tes cheveux, dans ton cou, et tu t'abandonnes comme tu le faisais alors. Que jamais cela ne cesse.



Publié dans Amours

Partager cet article

Verse

Publié le par Hemipresente

Verse moi de l'oubli, une larme, de l'absinthe en mots, des idées vaporeuses. Merci. Le breuvage me délie les idées.
Je t'écrirai tout un monde perdu, je t'inventerai des Harry Potter, des dragons, des fées, des pays sans cris et des hommes sans violence. Je te ferai un monde tout doux et je te regarderai, fleur parmi les fleurs, grandir à l'ombre du jardin que je plante. Je bercerai tes pleurs, tu peupleras mes nuits.


Le deuil de l'enfant parfait s'accompagne du deuil de la mère parfaite, je présume. Je voudrais être juste la meilleure moi possible, tu sais ? je ne peux pas te promettre plus que ça, honnêtement, mais pas moins non plus sans rougir.

 

Je voudrais être ... pas ta confidente ... ni ton amie ... je serai forcément autre chose, c'est mon rôle... mais je voudrais être toujours un recours, un port secret dans une crique au calme. Saurai-je ? Je n'ai jamais été très paisible, j'aimerais que toi tu saches l'être. Quand je te vois croquer avec ravissement dans un abricot, laissant échapper un petit grognement de contentement lorsque sur ta langue la pulpe sucrée acide s'écrase contre ton palais, je devine l'océan de plénitude possible, des ressources de force, de vitalité, de sensualité que tu as accumulées au fil des mois et qui vont te construire.

 

C'est merveilleusement émouvant et doux et beau, cette personne humaine que tu deviens. Je te voudrais pas trop sage, pas trop douce, pas trop soumise, et si possible pas trop passionnée s'il te plaît, mais tu feras comme tu pourras, et si tu es très sensuelle tu seras très passionnée, comment faire autrement.

Publié dans Amours

Partager cet article

Patassel

Publié le par Marie-Laetitia

PATE-A-SEL-la-peche-a-la-ligne.jpg


"Une mesure de sel, une mesure d'eau, deux mesures de farine." 
Merde, ça paraît pourtant simple sur le papier....

Pensez donc ... C'est de la recette atmosphérique, faut faire varier les proportions au pif - et je n'en ai guère, le mien est parfait, cléôpatralement parlant - en fonction du taux d'humidité ambiant, de la vitesse du vent, de la granulométrie de la farine, de la température de l'eau, du sens des marées, des phases de la lune ... 
Après vingt bonnes minutes de touillage pétrissage intensif, un nettoyage ronchonneur de mon alliance triple de chez Dior (oui oui la belle là avec trois anneaux zentrelacés) que j'avais oublié d'ôter et que les trois anneaux i sont collés ensemble presque irrémédiablement, après avoir ajouté de la farine, puis du sel, puis de la farine, puis du sel pour obtenir une pâte "qui-ne-s-émiette-pas-mais-qui-ne-colle-pas" (jamais été foutue de faire des sablés pour la même raison) ... ouf ! Voilà, enfin formé, mon superbe pâton de pâte à sel pour occuper les petites mains, qu'il est tellement beau que je me le cuirais bien là comme ça tel quel ! Non non, trop facile, je ne renonce pas.

Je suis déjà en sueur et gavée avant même le lancement des vrais grands travaux.

Ma grande surexcitée saute partout et lorsque je parviens à la faire asseoir elle manifeste avec force trépignement son impatience contenue depuis quelques jours en silence (ouarf vous voulez rire, en silence, ouarf), en tortillant du cul que je lui collerais volontiers une dose de vermifuge direct en prenant son pouls. 
Allez, chacune ses outils, une boule, une autre boule, on aplatit, étire, colle à l'eau, découpe, dépose, abaisse... En une petite heure on constitue le plus jooooli bestiaire marin que j'aie jamais vu, si si, la grosse boule avec cinq petites boules collées autour c'est une tortue, ici un huit-boules, pouf pouf, un crabe, là une étoile de mer asymétrique extrêmement rare mais si pittoresque, on plante dans chaque création un trombone coloré tortillé en anneau et voilà une magnifique pêche à la ligne pour les célébrations d'anniversaires. Ach vieux doute, que vont donner au four les trombones plastifiés couleur ... Bah c'est trop tard on verra bien.

Elle est fiérote ma douce, toute concentrée elle s'est tout-à-fait calmée depuis tout à l'heure. Je retiens mon envie primitive de mouler dans la masse déjà complice et consentante un étron tortillé à l'italienne pour mon petit frère, j'attendrai quelques années, que l'idée lui vienne à elle, spontanément et sans pollution cacaphile de ma part.  Laissons les enfants développer leur propre imaginaire, je suis confiante.

Maintenant, cuisson. Le bouquin dit de une à deux heures - c'es de la cuisine de hôôôte précision - à température de 65 à 110 degrés. Patiente de nature je colle tout ça pour deux heures à 110 degrés j'ose pas faire plus car ils mettent bien en garde qu'après ça gonfle et se fendille.

Eh ben ce matin c'était toujours humide et élastique quand on appuie dessus, et moi fumasse. J'avais promis qu'on allait peindre cet aprem et ma fille recommence à montrer les premiers signes d'infestation par oxyures. Comment que je vais l'occuper moi ?

Les vacances scolaires. Les VACANCES scolaires ?? Epuisant.




Publié dans Amours

Partager cet article

Square

Publié le par Marie-Laetitia

Perlenoire-enrose.jpg

Il est lourd le regard sur toi, petite perle noire. Il ne se pose pas, indifférent, pour une seconde volage, comme il le fait, paisible, sur tous les autres enfants dont les rires et les galopades font sourire les parents des autres. Non. Tu n’es pas tout-à-fait comme les autres, tu ne le seras peut-être jamais. Tu marches à pas heurtés, chaotiques, qui s’emballent en désordre, ton cerveau voudrait courir et tes pieds ne suivent pas. Le cœur en morceaux ta maman attentive à ton agacement de ne pouvoir aller plus vite se place derrière toi, elle reprend tes deux menottes dans les siennes, tu l’acceptes encore, et vous courez en attelage, vous bondissez, vous enjambez en trottant et riant tous les obstacles imaginaires qu'elle te nomme : une rivière ! attention aux crocodiles ! une autoroute ! gare aux voitures, vroummmmm ! une colonne de fourmis ! aaaah il ne faut pas les écraser ! Tu ris, tu ris... et ta gaieté sans souci, ton inconscience encore, lui fissurent le coeur … Elle, porteuse par avance de toutes les difficultés dont elle pressent chaque jour un peu plus l'étendue, se tient juste derrière toi, son regard infiniment doux sur ton petit corps trop penché, trop cambré, s'enflamme d'amour et de rage ; soudain, elle t’attrape et t’envole et te retourne et c’est ton ventre dodu découvert et offert qu’elle embrasse au hasard, pour que, tourneboulée et éreintée de rigolade, tu ne voies pas son visage et ce brouillard dans ses yeux noirs ; elle les dévorera tous, tous ! la maman-louve, la maman-chat ! Les ennemis qu'elle défie sont impalpables et c'est fort sage ... Ton rire s'achève dans un râle de bien-être, elle te tient sur son épaule droite, petit ballot consentant ; tu te redresses et te reposes sur son bras, tes yeux dans les siens interrompent sa marche. "Ca'in" Tu poses contre sa joue ta joue douce et rosée, et vous restez ainsi entre deux mondes, entre deux temps, suspendues à votre amour qui hurle et ne se calmera point. Douceur, portion de phrase entre deux virgules, vous reprenez votre souffle. "Je suis là" "je suis là" ainsi vous répondez-vous et le monde autour disparaît.

 


Publié dans Amours

Partager cet article

Coin-coin

Publié le par Hemipresente


 

 

Tout ce qui vole est « coincoin ». Point.
Pas de discussion possible.
Tu as fini ton dîner et tu patouilles avec bonheur dans les quelques gouttes du jus de fraise qui a souillé la tablette de ta chaise haute. « A caca … » commentes-tu, pensive. Ton plaisir à cacatouiller ainsi me ravit l’œil ; les lèvres barbouillées de rose, les doigts poisseux, tu poses tantôt la paume à plat pour bien tout étaler, tantôt le bout du doigt pour guider une goutte égarée vers un petit lac. « A cacaaaaaa ! » tu portes à ta bouche tes mains engluées et sucrées, mmmh c’est bon d’être cracra. 

Appâtée, gourmande, une petite mouche noire, banale, stressée, se pose sans détours, comme tombée du plafond, juste devant toi. Tu te figes. Seule au monde, elle étire une trompe goulue jusqu’à la rigole infime à sa mesure et s’y abreuve longuement. Tu la contemples avec une curiosité passionnée, concentrée, immobile. D’une goutte à l’autre, elle parcourt la tablette à petits pas rapides. Parvenue à l’une des extrémités, elle enjambe distraitement le rebord et descend bille en tête le long de la tranche pour passer tranquillement dessous. Tu l’as suivie fascinée, et lorsqu’elle disparaît à ta vue tu te penches prestement pour la suivre. 

Ah tu n’as pas été assez rapide, tu l’as perdue. Déçue, estomaquée (tu la cherches à terre mais elle n’est pas tombée !), tu restes ainsi absorbée un long moment, puis sans te redresser tout-à-fait, gardant du coin de l’œil sous surveillance le dernier endroit où tu l’as vue, tu m’apostrophes laconiquement : « a coincoin ? » 

Je n’ai pas le temps de te répondre, la voici qui remonte, pour sûr sous la tablette y'en a point, du jus de fraise, tu arrives à en coller partout mais tu n'as pas encore découvert la technique du décrassage de narines subtablettal. 

Ta main gauche que tu avais appuyée sur le rebord pour te pencher plus à l’aise est restée en place, et la toute petite bestiole parcourant nez, ou truffe, ou rostre, ou antennes, que sais-je, au sol, la délicieuse terre de cocagne qu’elle s’est trouvée, s’en approche progressivement, tourne autour, finissant d’aspirer les liquides horizontaux avant de s’attaquer aux parois parfumées de tes doigts qui la surplombent. Sans ralentir son pas métronomique elle t’escalade l’index puis redescend. 

Tu ris trop fort, la surveillant et me regardant, et lorsqu’elle revient à la charge poursuivant cette fois-ci son exploration sur le dos de ta main le jeu cesse complètement de te plaire. La crainte te fait replier en toute hâte le bras, la mouche dérangée une seconde s’envole et c’est ce qui achève de te convaincre de ta frayeur ; le rire de tout à l’heure se mue en cri alarmé suraigu lorsqu’elle se repose têtue et pas du tout inquiète à l’endroit même dont tu l’as chassée. Vite ! Je mouline des bras pour l’éloigner avec un « pchiiiit ! » bien inutile mais sonore à ton intention plus qu’à la sienne.

Un coup d’éponge, là, voilà, tu es propre. Une grosse larme a coulé sur ta joue, que j’essuie du coude de l’index, tes cils immenses sont en désordre, en paquets, quelle tempête ! 

« Cacaaaaaaa ! » un sanglot surjoué dans la voix, tu me désignes sans y porter la main les gouttelettes éparses que je nettoie bien vite, te voici rassérénée tout-à-fait, mais c’est seulement après que j’ai asséché complètement la tablette avec un torchon que tu reposes tes avant-bras, méfiante. Il faut dire que le ballet hystérique désordonné de ta grande sœur coincoinphobique dans mon dos, bouche close et "mhhh mhhhh mhhhh" terrorisés, lorsque la même mouche se pose sur elle, ne va guère dans le sens de l'apaisement. Bon, je te parlerai des araignées un autre jour alors...



Publié dans Amours

Partager cet article

Ripatons

Publié le par Marie-Laetitia

J'adore ton odeur de pieds ! Ce sera moins vrai quand tu seras grande je parie. J'adore tes odeurs entre les orteils, là où c'est bien confiné dans les pompes et où ça prend toutes les saveurs de maasdam et de gruyère. Déjà quand tu étais tout bébé tu chlinguais des arpions ! Pourtant c'était pas encore usé par la marche, tanné et goûtu ! C'est naturliche il faut croire. Ca m'a toujours fait fondre ! Je te posais sur la table à langer et je glissais ma truffe à la pliure des orteils, ça te faisait rire ! Aujourd'hui encore ça te chatouille à mort, mais ça sent plus fort alors je m'y risque moins !

Publié dans Amours

Partager cet article

Humilité

Publié le par Marie-Laetitia

S'il est une chose que nos enfants nous apprennent, par le contact quotidien qu'offre la cohabitation, c'est cette vertu par trop sous-estimée : l'hu-mi-li-té.

Ainsi, vous aviez décidé - avant bien sûr d'être enceinte et sujette aux nausées et gerbis à la mention même du mot "déjeuner" - d'éduquer votre descendance ouverte et épanouie, dans une ambiance à la fois ouverte et stimulante, aux joies et plaisirs de la gastronomie mondiale. Rien moins que ça. "Open your mouth" pour "open your mind"..

Vous aviez, pour ce faire, planifié mois par mois les apprentissages de la chair de votre chair, rien n'étant laissé au hasard :
- à six mois, la diversification,
- à douze mois elle dira "Québab beurk" et "Macdo caca"
- à dix-huit mois elle saura différencier un foie gras d'oie d'un fois gras de canard ...

Et puis ...
Et puis ma foi ... vous avez eu des enfants ...  des vrais, des enfants normaux, que vous laissez exprimer leurs goûts propres (les escargots que vous honnissez) et sales (les crottes de nez et la terre du Ficus Benjamina..).
Et vous découvrez que, pour préserver votre précaire paix qui confine certains soirs à une guerre froide, il faut accepter des mélanges improbables tels que :
- Nutella / fromage blanc
- Chou blanc / sardines à l'huile
- Pain d'épices / tarama
- Nuggets / ananas

A l'aune de vos filles, princesses omnipotentes, vous êtes petite joueuse en gastronomie ! Franchement ! L'aînée, quatre ans, déguste des escargots à la crème d'ail avec une sauce basilic-curry mais refuse catégoriquement  les moules ... la cadette, un an, se délecte de Boursin-crème au chocolat mais boude la compote pommes poires...

Nous sommes bien peu de choses, et le domaine ô combien fertile et estimable de la cuisine moderne est une friche qui sera sans aucun doute colonisée par l'une de vos déesses ... Nul n'en doute, pas même vous, qui fermez les yeux et ouvrez la bouche aux inventions déjà ébouriffantes de votre aînée. On verra bien si on digère, en tout cas c'est bon et elle aime.

Publié dans Amours

Partager cet article

Tendre

Publié le par Marie-Laetitia

Publié dans Amours

Partager cet article

<< < 1 2 3 > >>