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Crise en Guadeloupe : de qui sommes-nous les nègres ?

Publié le par Hemipresente

La crise en Guadeloupe me fait marrer ....
Non je t'arrête tout de suite, lecteur, ce n'est pas la situation qui me fait marrer, pas la merde dans laquelle se trouvent les gens, non ! Ca ferait plutôt pleurer.
Ce qui me fait marrer c'est cet absolu ébahissement des métropolitains téléspectateurs qui découvrent dans leurs DOMs l'existence d'un système pourtant on ne plus classique de cooptation interclasse et interrace, de mariages entre-soi, de détention des moyens de production dans les mêmes mains depuis des générations etc.
On se lamente et on pousse de hauts cris parce que c'est visuel, on crie au racisme, parce que là bas les possédants sont les blancs.
Ici aussi, bien sûr, mais ça se voit moins.
Le racisme de classe ne choque personne alors que chacun en est victime. Ce sont les mêmes familles qui possèdent les grandes entreprises depuis les siècles des siècles, les mêmes riches qui se marient entre eux pour pas se faire piquer le grisbi, les mêmes possédants qui confisquent l'accès aux hautes fonctions (allez tenter de bosser au quai d'Orsay sans un nom à particule pour voir ...)... et ça n'étonne personne.
Ca se voit moins et pourtant c'est strictement codifié selon les mêmes mécanismes qu'en Guadeloupe.
Mais ici personne ne se révolte.
Marrant.

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Coa ?

Publié le par Marie-Laetitia

Grenouille inoffensive. Rien à voir avec les affreux dendrobates de Marie Rennard. Juste une petite rainette entre deux touffes d'herbe. Elle était d'un vert  coeur-de-tige saisissant, si bien camouflée qu'il a fallu que mon oeil tombe très exactement sur cette tache ronde de vert parfait que formait son dos minuscule pour l'apercevoir. Elle n'a pas même tenté de s'enfuir lorsque mes mains l'ont entourée : c'est impossible voyons je suis invisible. Je l'ai montrée à une Mathilde hésitant entre curiosité bienveillante et frayeur dégoûtée "ooooh une grônouille !" . "Il pleut i mouille c'est la fête à la grônouille".

On s'est amusées à chercher des rimes, forcément à deux ans elle pense pas à mal avec des mots en ouille !
Allez on fait une polésie nouille !
On fait ce qu'on peut on se débrouille.
On cherche dans nos têtes on farfouille.
Quand ça rime pas on se traite d'andouille !
Et elle riait comme des chatouilles
Elle n'avait plus du tout la trouille
On a relâché la grônouille sans fricassée ni ratatouille, et puis on s'est rentrées bredouilles. Mais on avait bien rigolouille. 

Publié dans Amours

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Une valse à mille temps

Publié le par Marie-Laetitia



Je m'assieds à quelques mètres de la terrasse ou sur les marches. Je guette la sonnerie suivante, un quart d'heure tout au plus à patienter. Le jardin bourdonnant n'est jamais silencieux, une activité foisonnante y règne, une foule s’y presse, minuscule, innombrable et dense.

A mes pieds, inconscient du chaos que le placement de son arrière-train en travers de la cohorte nourricière suscite chez les fourmis noires qui ont colonisé les fissures des premières marches du perron, le chien hyperactif s'agite, si désireux de me voir lancer son inestimable balle qu'il en tremble tout entier. Perdu dans une touffe d'herbes hautes - il faudrait tondre mais après, plus de pâquerettes  - le chat broute et vomit avec une parfaite régularité que ne vient guère troubler la sollicitation intempestive de son compagnon canin ; les premiers jours j’ai dû le contraindre d’une main ferme à rester dehors pour la seconde partie de sa tâche, lasse de ramasser au creux d'une boule d’essuie-tout les flaques verdâtres et gluantes d'herbes mi digérées qu'il semait dans le salon, sur le sol de la cuisine, jusque dans les toilettes trop exigües pour pouvoir éviter l’embûche, et il semble avoir pris le pli. Soit. Résigné, il se livre aux spasmes de la purge en plein air, mais je le tiens à l'œil.
Une truffe contre ma jambe, une balle qui roule dans mon dos, au fond du fauteuil-loveuse, deux yeux humides déjà reconnaissants se vissent au fond des miens - les chiens sont-ils toujours reconnaissants ? - han ! j'envoie et le somme de rester là-bas, il obéira trois, peut-être quatre minutes ?
Alors que la chaleur cède enfin, le soleil encore haut délaisse la façade de l'église, et les voici qui s'élancent.
Une à une, puis se rejoignant par parentèle, les hirondelles nichées entre les pierres descellées, au fronton et sous le vitrail aveugle, se jettent dans le vide, de très haut. On sent à leur chute éperdue le bien-être du mouvement retrouvé après l’ankylose de tout le jour. Leur territoire de chasse est centré sur l'angle nord du jardin, la moiteur qui cède doit laisser monter enfin les insectes qu'elles goûtent ; les premières rotations ne les ramènent pas au nid, elles reprennent des forces, se défroissent, dans l'air frais par strates au gré des mouvements ascendants qui longent les murs, elles se livrent à des figures piquées, virant sur l’aile, en limite de décrochage, d’une virtuosité folle. Elles s’abandonnent au vol comme on se plonge, éreinté de chaleur, dans l'eau tiède enfin rejointe après la promenade. Tout le ciel leur est dû ! Nul ne leur dispute l’espace : les merles gavés tout le jour sont perchés sur les tuiles du muret, les pigeons du clocher ont délaissé tout à l’heure dans un vol bruyant qui s’applaudit lui-même à chaque battement d’aile, leur abri réservé pour suivre sans doute le parcours de Petit-poucet de la vieille aux quignons rassis, les chauves-souris dorment encore. Le chat qui s’est affalé dans une touffe ne soulève pas un instant sa paupière visible, les pattes en l’air dans un dernier rayon il se laisse dorer le mamelon, ronronnant et purgé. Si, les premiers jours, cette danse l’a intrigué assez pour éveiller un vague instinct jusque-là dormant - et d’un bon sommeil - qui le faisait émettre des « mouek mouek kkkkk » contrariés à leurs percées en rase-mottes, il ne s’y laisse plus prendre. Il sait pour y avoir goûté une ou deux fois, que la gravitation universelle est à elle seule pourvoyeuse de tendres merlons qu’il suffit de regarder choir et d’aller cueillir, mollement, dans l’herbe tendre, merveilleux digestif après la pâtée quotidienne.


Publié dans Amours

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Arantèle

Publié le par Marie-Laetitia

A l'angle de la pièce, mon araignée. Sa vaste toile tremble dans l'air léger que soulève le convecteur, elle ondule et se tord, retenue en deux points par les sacs demi-morts que la tissandière se garde de côté pour plus tard et qui zonzonnent encore, de ci de là, fin d'agonie, réflexes, sursauts, digestion anticipée des moelles. C'est une de ces frêles créatures au ventre en grain de maïs monté sur des échasses, comme encombrée dans ses filins, confuse, maladroite d'apparence, et pourtant précise et chasseresse dans ce mouvement démultiplié de bras avides, pourvoyeurs méticuleux de nourriture. Un souffle l'aplatit, un frôlement l'effacerait, elle n'existe que par le seul miracle de ma capacité toujours renouvelée à contenir dans les limites de la raison ma répugnance à son endroit. Je la tolère. Et pourtant ... Je la sais vivante, mobile, aux aguets, soigneuse de gagner le point le plus haut, hors de portée de mon bras emmanché d'un balai, l'intelligence du prédateur de grade inférieur, éradicable sans doute mais bien présent. Il nous faut donc cohabiter. Elle ne sait pas même que mon monde englobe le sien, et je tâche de ne pas toujours me rappeler qu'elle existe, quotidiennement nous nous croisons et nous fuyons. Je la cherche en entrant, quel point aura-t-elle gagné ? Il m'arrive de l'oublier tout-à-fait ! de la nier, de longues semaines ! de l'enfouir, de la cacher profond, loin, derrière, de feindre de ne pas voir les cadavres minuscules au bas de sa toile... Cette trêve bancale dure parfois des mois ... Mais toujours elle demeure. Ni plus grosse, ni plus légère qu'avant. Aussi éternelle que l'herbe.


Publié dans Humeur du jour

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Tempête

Publié le par Marie-Laetitia

Le vent s'est levé.

En une soirée de fièvre il se mue en bourrasque, en tempête.

Je l'observe, derrière le voile tremblotant du rideau de ma chambre.

Colère ! Masque de Pan ! Il maintient cime à terre les arbres les plus frêles, soumis, pliés, attentifs à subir, ceux qui ploient sans orgueil. Dénudés, cardés, pissenlits immenses, ils touchent humbles le sol, psalmodient un pardon, voient passer le tumulte qui ne les tuera point, ondoiement, tapage de bruissements et de protestations sifflées. Ils patientent sans grâce mais seront là demain.

Souffletés, talochés, les immenses, rigides, les éternels debout ne croyant qu'en eux mêmes, au tronc que dix adultes n'eussent pu enlacer, cèdent dans un fracas étiré qui s'annonce, roule, se poursuit en échos et en râles mugis, s'effondrent comme choît une vie de tumulte, et, renversée enfin leur belle volonté, montrent au jour qui point leur bouquet de racines.


Publié dans Pwouèsi

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Laaaaaaaapin ? ouais

Publié le par Marie-Laetitia



Le site qui accueille mon employeur et, par ricochet, mon auguste présence aux bons jours, s'héberge en un vaste campus verdoyant coincé entre deux autoroutes. Et ça verdoie, et ça verdoie, et aux beaux jours on est hébété de chants d'oiseaux, et y'a deux semaines ça neigeoyait aussi tant et plus ... Des hectares qu'on a, à deux pas des bois d'un côté et des pistes d'exercices à pompiers en short moulant de l'autre, mmmmh. Bref.

Lorsque la horde fonctionnariale a déserté les lieux, soit entre 18 heures et 8 heures le lendemain matin, la Nature enfin délassée reprend ses droits et surtout ses aises ... M'est arrivé de m'y trouver présente, à l'endormissement ou au réveil fébriles, et de croiser encore ensommeillés lièvres, garennes, chats à griffes ou huants, toute cette vie parallèle et cachée que la présence humaine confine aux heures diurnes aux sous-sols truffés de galeries, émaillés de tuyaux très-antiques en réseau serré dont certains, même, percent jusqu'au Château de Versailles. Ca grouille, ça se bat, ça se bouffe.

Il y a quelques mois, au sortir à peine de l'été, on nous avertissait d'une grève meumeuh des transports ; avec une collègue prévoyante et multimère comme moi, on avait obtenu de not'bon mait' le privilège de décaler nos horaires de boulot : arrivées à 7 heures, nous repartirions vers 15 h 30, hors d'atteinte espérions-nous du flot des importuns automobilisés pour peu qu'ils n'aient pas eu la même brillante idée que nous. Il faisait donc vachement nuit et encore bien froid, aux aurores professionnelles, ça n'incite pas à la causette, on se tenait par le bras serrées l'une contre l'autre, on devisait même pas on se hâtait accrochées et tanguant, quand passa devant nous un des gras lapins blancs que les tontes régulières de pelouse ne suffisent pas à effrayer, un de ces lapins d'Alice bêtement tout nu sans sa montre mais très pressé. C'est plaisant de voir des bêtes, au coeur de la ville, on se sent toujours vivre plus fort quand ça arrive, on est surpris, pas besoin d'un Bambi majestueux, rien qu'un bout de lapin et hop on est content. J'avais donc le sourire en regardant les trois bonds du garenne qui s'enfuyait plus vite que je pouvais le suivre, et ma collègue figée à mon bras me sembla tout de même bien lourde d'un coup quand je me remis en branle.

"A quoi tu penses d'un coup là ?
-Le lapin ... tu l'as vu ?
- Bah oui, un beau lapin de laboratoire bien blanc.
- On dirait le mien.
- Ah bon tu as aussi un lapin ? chien je me souvenais mais pas lapin.
- Oui ...
- C'est sympa ça comme bête ?
- (soupir) ... Ah non alors ! ...
- ... ?
- Non c'est une vraie carne ...
- Explique.
- Ben déjà le mien il arrête pas de mordre
- Cela dit tu peux pas lui en vouloir, pour un rongeur c'est même pas une seconde nature ...
- Ah mais il mord que les doigts cette saleté. Quand tu prends un lapin pour tes gosses, c'est pour qu'ils puissent le caresser, lui y'a jamais eu moyen ... Il mord fort comme tout !
- Eh ben ... Ca fait longtemps que tu l'as ?
- ... (mine déconfite)
- Ca doit pas vivre très vieux en principe ça, non ?
- Il est malade depuis des années le mien en plus ...
- ...
- Tu sais tout à l'heure je regardais le lapin et je me disais que j'allais amener le mien et le lâcher sur le domaine ...
- A ce point ?
- Oui je peux plus le supporter. Cette saleté il a commencé à faire des boules, le vétérinaire a dit "c'est un cancer laissez-le tranquille et s'il souffre, s'il arrête de manger, on le piquera"
- Bon tu vas pas avoir à l'abandonner alors !
- ...  !
- ?
- Ca fait trois ans.
- ... ?
- Le vétérinaire, les boules. Ca fait trois ans qu'il a des boules. Maintenant il en a partout. Il a pris un kilo, tu te rends compte un kilo sur un lapin nain ? Il arrête pas de bouffer.
- ...
- Il veut pas crever. Et il arrête pas de mordre le salaud.
- ..."

Je ne saurais pas dire pourquoi, peut-être parce que c'est une personne qui fait usage en principe d'un langage toujours châtié et que seul un lapin cancéreux hargneux pouvait faire sortir de ses gonds verbaux, mais à ce point-là du dialogue, le fou rire m'a prise. L'énorme fou rire, l'inextinguible, celui qui emporte les foules quand il est bien mené, qui vous ruine un amphi, qui vous coule un orateur.
Elle m'a regardée, désemparée, vexée une demi-seconde .... A tenté de poursuivre ... J'essayai de me contenir mais rien n'y fit, une fois lancée je ne peux plus m'arrêter. Je tentai bien d'en placer une entre moi et moi :
"et ... et ... et il a quel âge maintenant ?"
Elle m'a regardée une dernière fois sévèrement : "cette salope de pute il a sept ans !" les sourcils froncés et la mine austère ... Je me suis assise par terre pour baver à mon aise. Et plus elle râlait et jurait sur cette pauvre bête plus je hoquetais, elle a enfin été gagnée par mon hilarité. On s'est retrouvées donc, deux follasses hystériques, le cul sur le sol trempé, à regarder sauter ces cons de lapins à sept'du en morvant à qui mieux mieux notre gaité inattendue. Je crois que c'est un de mes meilleurs souvenirs professionnels.

A l'heure où j'écris ces lignes, le lapin est toujours vivant.
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Le grenier

Publié le par Marie-Laetitia


Image empruntée au site du Musée agricole de Botans : http://museeagricole.botans.free.fr/images/arriere-grenier.jpg


Vaste panse tendue de poutre à poutre au-dessus de la maison, délaissé, il fleure le bois vieux et le papier moisi. Des bandes dessinées y ont été oubliées qui partent en lambeaux sous les doigts, les cartons d'un très ancien déménagement d'on ne sait plus où attendent toujours d'être rouverts et leur contenu réhabilité, c'est trop tard bien sûr les tasses ici ébréchées ont été remplacées depuis longtemps, les vieux cahiers du lycée gardent leurs mots doux et les notes de cours pour quand on sera morts et qu'il faudra tout jeter, mais ce ne sera pas nous, des lettres d'amour, coquines, cochonnes, pornographiques, se délitent lentement et se décalquent d'une page sur l'autre, lignes fondues dont on ne lit plus que des bribes, le rose aux joues... Pour passer d'un tas à l'autre il faut affronter les toiles d'araignée aux trois quarts vides qui ne s'aperçoivent qu'une fois le nez dessus si le faisceau de la lampe tombe sous le bon angle. Je frissonne et à grands moulinets balayant l'air devant moi je déloge les faucheux endormis et fais trotter très bas les tégénaires effrayées. Je ne sais plus pourquoi je suis montée, je me replie dans un spasme au contact d'une toile habitée que je secoue furieusement pour la décoller de ma main droite, je regarde le trou de lumière dans le plancher et pense à me précipiter mais la fuite éperdue est compliquée par l'angle impossible de l'échelle de meunier par laquelle je me suis hissée à travers le plafond du couloir dans cet huis inexploré jusqu'à lors ; je réprime un hoquet nauséeux lorsque mon pied écrase une mue gigantesque, coquille vide mais évocatrice, de dévoreuse à poils longs... Je respire profondément. L'odeur est plus complexe à pleines narines, musquée en deuxième approche, agressive. Des crottes de souris, plusieurs boulettes de déjection du grand-duc que l'on entend marcher certains soirs de long en large, pensif ou en chasse, irriguent de leurs parfums acides mais amples l'atmosphère confinée de l'antre. Je ne me sens pas chez moi ici et même les vestiges dérisoires de ma vie passée ne m'appartiennent plus guère, ancienne carapace, peau chue et oubliée que l'on recroiserait étonné sans s'y reconnaître, carnet intime d'adolescence dont les mots maladroits nous font sourire...

Publié dans Maison de rêve

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Patassel le retour

Publié le par Marie-Laetitia


"Maman on en fait encore ?

- quoi donc ma puce ?
- des corations de Nowel
- des Décorations tu veux dire ?
- oui, t'aider corations, on en fait encore hein ?"

Eh voui. J'avoue... Toute honte bue ... J'avions remis ça... Là, pendant les vacances de Toussaint et chaque soir depuis la rentrée, on se lève, on goûte, on dîne, dans la patassel.

Ca devrait pas se dire que ça fait une semaine qu'on est dessus, mais entre le fait que j'ai bêtement essayé de réutiliser ma farine de blé noir qu'est pas panifiable, qui donc cuit pas, puis craquèle, puis, cette puterie, fait péter la première couche de peinture,  rapport qu'elle m'encombrait le placard pour rien depuis des mois vu qu'on n'en fait jamais des grapiots parce que les lardonnes aiment pas... BREF ... entre ça et : les pauses siestales de la cadette qui a enfin trouvé le mode d'emploi (je sais maintenant que Dieu existe !!) de la grassemat', ET l'incompétence congénitale de ma progéniture à concevoir autre chose que des escargots dans toute espèce de matière malléable (je vous assure : même leurs cacas sont à l'italienne), ça avance disons, sobrement, lentement.
Et pi après, quand c'est modelé, on laisse sécher. Douze heures.
Après on cuit, comment elle dit la recette déjà ? ah oui "entre 60 et 110 degrés plus ou moins longtemps selon l'épaisseur des pièces" démerde-toi avec ça. En pratique ça veut dire : huit heures pour un mini bonhomme de neige de cinq centimètres de haut. Oui mon amie. Si t'avais peur de pas aider EDF à redresser la barre cet hiver, fais de la patassel ! 
Après, quand c'est cuit et froid (j'ai dit on ne touche pas c'est encore chaud !!) on peint. Mamma mia ... J'ai deux modèles à la maison, le grand modèle vite lassé qui oublie toujours un coin en route, peste qu'on lui a piqué SA couleur et SON pinceau, et fait tomber du coude le pot de rouge sur le carrelage blanc que j'ai lavé la veille, et le petit modèle ravie au sourire aux oreilles, qui inonde tellement ses pièces de gouache qu'elles dégoulinent longuement, en grosse gouttes paresseuses, sur la table, sur sa main, dans sa manche "ELSAAAAAA CA GOOOOUUUUUTTE LA !!!!" "Ah ? Bon ?" et en soulevant bien haut la main qui tient le pinceau pour regarder son coude elle s'en colle immanquablement partout dans les cheveux tandis qu'elle appuie son autre coude dans une vaste tache déjà multicolore ...

Et puis après, monopole parental : on vernit. Et alors là, miracle ! Le terne et moche devient brillant et poli, les petits défauts disparaissent et tout rutile. On se penche à trois têtes au-dessus de nos oeuvres, on se fait de grands sourires et on passe le doigt, précautionneusement, sur le lissé d'un ventre rond et les petites ailes d'un angelot, mais voui tout est bien sec et clinquant, prêt pour l'arbre de nowel. On est fières et les puces retournent à leurs occupations.  Y'a plus qu'une demi journée de nettoyage pour récupérer le coin salle à manger.

"Maman t'es zentille de moi ? demande la petite une main autour de mon cou
- oui mon coeur, on a bien travaillé hein ?
- oh oui surtout moi ! ... et surtout Elsa et surtout maman !" ajoute la grande toujours un peu trop pressée de dire quelque chose, n'importe quoi, pourvu qu'elle occupe l'espace sonore, puis toujours trop soucieuse de rattraper les petites maladresses qui, nécessairement dans cette précipitation, lui échappent encore.

J'ai bien un peu insisté pour que l'homme participe et nous gratifie d'une sienne création mais lorsqu'il a vu qu'en matière d'escargots de Noël on était déjà bien servies, il a lâchement jeté l'épongue ! C'est dommage, je le souligne : j'ai souvenir d'un fort beau modèle de panda de pictionary qui, passé en 3D, nous aurait sûrement enchantées quelques belles années ... Non vraiment, c'est dommage.

Publié dans En douceur

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La guerre des opercules

Publié le par Marie-Laetitia


Eh vi, sans suspense, les alvéoles d'une ruche sont elles aussi
closes d'un opercule


J'ai chez moi depuis un certain temps - huit ans en fait eh oui comme le temps passe ! - un être humain du sexe opposé qui, de ce fait, m'a donné deux beaux enfants - pouf pouf, pour être précise, lui il a juste par deux fois mis une petite graine pour que je la couve pendant neuf mois, accouche dans la douleur, et fasse deux beaux enfants fin de la parenthèse ça n'a rien à voir c'est juste pour dire. Cet être multifacettes qui s'emboîte si parfaitement (oh oui) à ma personnalité, que j'aime et respecte et à l'occasion honore, a cependant, je le confesse, quelques travers ... Je m'en va aujourd'hui vous en exposer un qui, quoique mineur, est à l'origine d'une guerre quotidienne entre lui et moi, depuis que notre monde est monde.

Monsieur - pour préserver sa vie privée et sa vie professionnelle qui pourrait être gravement impactée par mes révélations, appelons-le simplement ainsi - Monsieur disais-je, a une manie étrange et persistante, qui résiste à l'emprise de la logique et de la raison même distillées par la bouche ô combien autorisée de sa femme préférée, myself, avec douceur, fermeté et constance depuis notre début de vie commune, manie qui me semble assez largement répandue dans la gent masculine : i vire pas les opercules. Un opercule c'es,t par extension depuis son sens originel "Appareil osseux composé de quatre pièces, qui, dans beaucoup de poissons, couvre et protége les branchies", toute espèce de membrane visant à fermer hermétiquement un contenant. Dans notre vie quotidienne, des opercules on en trouve un peu partout : entre la bouteille de lait et son couvercle, entre la boîte de margarine et son couvercle, etc, presque toujours entre un produit et son couvercle en fait. Cette fine membrane a pour seule vocation et utilité de garantir à l'acheteur que le produit, si le couvercle a été ouvert, n'a pas pu être corrompu. Il est donc simplement et naturellement arraché et jeté par toute personne douée de bon sens puisqu'y a un couverc' ! Mon époux à moi que j'ai, il dévisse ou ôte le couvercle, il décolle à moitié l'opercule et le laisse soigneusement attaché par l'autre moitié, et lorsqu'il a fini de se servir dudit produit, il repositionne tout aussi soigneusement qu'il l'avait entrouvert, l'opercule puis le couvercle. Lorsque, vissée au sommeil par le lobe gauche de mon cerveau oublié sur l'oreiller, je me prépare à tâtons mon café au lait du matin, versant d'abord l'eau puis le lait, il est donc courant que, sans méfiance et encore partiellement abrutie de fatigue, je me renverse sur les chaussettes la moitié du lait qui n'a point coulé bien droit mais débordé de part et d'autre des lèvres de l'opercule tire-bouchonné de force sous le couvercle que je viens de dévisser... Pfffff lassituuuuuude tiens je crois que soit je vais me recoucher direct soit je sévis.... J'a trop plein à faire et je suis d'humeur badine alors ...
En rétorsion, sauvagement, j'ouvre tout grand le réfrigérateur et je me jette sur tout ce qui, sur ses clayettes, porte la marque de l'homme : la margarine aux alpha-omega du tonnerre de Zeus ! le Saint Moret ! la féta qu'est bonne pour les cuisses ! avec un rictus mauvais je déchire et mets à la poubelle les cadavres trempant dans le jus de fromage ou recouverts d'une fine pellicule oxydée de vieille margarine rance, des opercules qu'il avait soigneusement conservés parfois même minutieusement.

Voilà, le décor est posé, la guerre hebdomadaire des opercules peut commencer ...

Publié dans Quotidien ou presque

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Jalousie

Publié le par Marie-Laetitia


"Bon sang mais arrête ta crise maintenant !Y'en a marre des ces jalousies à deux balles pour la taille du morceau de chocolat ! Je vous aime autant l'une que l'autre !! Vous êtes toutes les deux sorties de mon ventre, je vous aime différemment puisque vous êtes différentes : vous n'avez pas le même âge, vous n'avez pas les mêmes besoins, vous n'avez pas les mêmes caractères, alors oui forcément je ne suis pas la même avec vous deux et c'est normal c'est le contraire qui serait bizarre, MAIS JE VOUS AIME AUTANT L'UNE QUE L'AUTRE !!
- ... ouais mais c'est moi "l'autre" ..."

RAAAAAAAAAAAH !!!!  Mais on m'avait dit que ça commençait vers douze ans moi l'adolescence !! et j'en fais quoi moi de ma pré-pré-pré-pré-préadolescente d'un mètre douze ??? des nuggets ??

Publié dans Amours

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