Frêle
Que c'est précieux. Regarde, je n'ose même la nommer ...
Peur de te faire du mal, involontairement, un jour, avec ma grande bouche, mes gros sabots, mon rentre-dedans que tous ceux que j'aime un jour repoussent, car envahissant. Je prends mille précautions devant ta fragilité qui me touche infiniment. Pas de coquetterie, une authentique délicatesse. J'ai trouvé, moi, un diamant tout brut et doux, qui s'ignore, qui vit coeur et tripes à l'air, qui s'est donné par amitié comme on peut le faire par amour, avec de vraies pudeurs et sans rougir, tu es ainsi, entière et belle. Je ne sais pas combien d'êtres aussi exceptionnels il me sera donné de rencontrer dans ma vie encore, il y en a, plusieurs, et déjà c'est inespéré.
Que restera-t-il au soir de ma vie : mon amour, mes enfants, et vous, mes amis de coeur, les évidentes âmes soeurs.
Reste. N'aie pas peur. Assieds-toi, on restera là à écouter de la musique, à causer de tout ou rien, à être juste bien et épatées l'une de l'autre. Si on avait huit ans on se tiendrait la main en se souriant à pleine bouche, on mangerait des bonbecs. Je suis là, j'ai confiance. Reste.