Vacances à la maison

Publié le par Hemipresente

Cette année, pas de destination lointaine, pas d'horizons inconnus. Nous restons à la maison, comme depuis plusieurs étés d'ailleurs.  

Vingt heures.

La chaleur se lève un peu ; on l'a tant attendue qu'on n'ose se plaindre ; elle n'est pas étouffante encore, puisque je la supporte sans qu'elle ne me ralentisse trop.

Les hirondelles, très haut, saluent le jour qui décline, valse à mille temps.

Une libellule aux ailes bleues scrute, en vol stationnaire, l'eau de la piscine enfin délaissée, une Demoiselle comme les appelait mon père lorsque j'étais enfant. Il ne les chassait pas mais nous les observions ensemble.

La piscine penche dangereusement :  nous n'avons pas réussi à en déplier le fond correctement, et elle dessine un ovale qu'elle ne devrait pas adopter. Tiendra-t-elle jusqu'à la fin de l'été ? Fatalistes, nous regardons cette inclinaison qui semble avancer très doucement : nous n'y pouvons plus rien faire, alors à quoi bon s'inquiéter ?

Demain, ma meilleure amie vient à la maison. Nous mettrons les cinq petits dans la piscine sous la surveillance du Viking et de son chéri à elle et nous papoterons, comme si nous ne nous étions jamais quittées. Il me tarde !

Les chatons dorment dans le canapé, sur le sac à dos qui a servi à transporter les affaires de piscine tout à l'heure, et qui reste légèrement humide. Le chien les a longuement reniflés, respirés, puis est allé se recoucher, satisfait. C'est qu'il en passe tant d'estrangers dans le jardin, qu'il vaut mieux contrôler ceux-là, sait-on jamais ! (Pasqua, sors de ce corps !) Il dort à présent sur le flanc et ses pattes tressautent, signant un rêve habité d'ennemis insaisissables ; il exhale finalement un "bouf" qui l'éveille en sursaut ; il se lève ; il accueille la chatte qui rentre de sa journée passée au jardin, dans des flaques de soleil.
Elle grimpe sur mes genoux, frotte son museau contre mon menton, elle sent l'herbe, la poussière, et le fauve.  Elle miaule, insistante ... Je sais ce qu'elle veut mais je prends plaisir à temporiser un peu, pour qu'elle réclame. Lorsqu'elle a bien protesté, je cède ; je me penche et dépose le PC sur la table basse, et à peine suis-je relevée qu'elle m'envahit. C'est une longue chatte blanche tachetée d'ovales gris et noir ; elle prend un peu de lard depuis que les chatons sont arrivés, il faut que je surveille son alimentation ; l'une de ses pattes avant est atrophiée, ce qui lui confère une claudication appuyée mais ne l'empêche nullement de se percher très haut sur le mur du jardin, et de s'y battre, à l'occasion, aussi bien que les valides qu'elle chasse de son domaine. Elle me revient souvent pleine de croûtes sur les reins, la tête, de griffures plus ou moins sévères. Je la caresse. Elle s'assied et me regarde dans les yeux. Enfin elle se couche sur mes genoux en ronronnant.

Mathilde et Elsa, Elsa et Mathilde, ont nagé toute la journée, à la piscine municipale et dans notre tout petit bassin. Elles sont fatiguées ce soir, et j'escompte qu'elles s'endorment rapidement, claquées, un faux rythme de clapotement et de vagues, léger, dans l'oreille interne.

Le Viking, qui a eu la gentillesse d'accompagner sa Grande à la piscine puis d'y retourner avec sa Petite, s'est pris un méchant coup de soleil sur les épaules ; il est torse nu dans son canapé, je l'ai oint de crème hydratante abondamment et il luit rouge.

Nous avons rallumé la télévision. Les jeux olympiques nous promettent une belle finale de saut à la perche chez les messieurs. J'aime cette discipline.

Voilà, c'est l'heure tendre, le jardin est tout entier dans l'ombre de l'église, les cloches retentiront encore deux fois et puis ce sera la nuit annoncée. Les chauves-souris vont bientôt entrer en scène, et battront leur vol erratique au-dessus de nos têtes.

C'est le seul moment de la journée où, pincement au coeur, la cigarette me manque.

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Publié dans En douceur

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Annie 11/08/2012 11:37

Elle en ont de jolis yeux tes filles ! Et ton viking a une belle peau pleine de tache de rousseur, j'adore.

Hemipresente 11/08/2012 11:50



Merci Annie !