Nettoyage de printemps.

Publié le par Marie-Laetitia

Nettoyage de printemps

 

Il suffit d’une invitation d’une copine pour que hop, ma grande fille décide de lancer le grand nettoyage de printemps de la cabane du jardin.
Elles s’y sont mises à trois, et que je te sors tout dans le jardin, et que je mets à la poubelle ce qui doit y aller, et que je te sors la brosse et la pelle pour nettoyer … j’étais enchantée moi, l’idée ne leur serait jamais venue autrement ! 
Tout allait bien jusqu’à ce hurlement détriplé : « AAaaaaaaaaaah Mamaaaaaaaaan y’a plein d’araignéééééééééées ! ».
Pour être honnête, je m’y attendais ; une cabane c’est un abri de rêve loin de la pluie, une douilletterie au cœur de l’hiver, et puis livrée quand même aux quatre vents par la fente réglementaire sous la porte, pourvoyeuse d’insectes occasionnels, juste ce qu’il fallait pour passer la mauvaise saison… mais je ne pensais pas qu’on m’appellerait à l’aide, elles le savent pourtant que je suis phobique au dernier degré mes princesses. J'ai tenté de faire le mort mais ...
Il m’a fallu six mains pour prendre mon courage. Armée d’une tatane et d’un aspirateur, cheveux noués serré – tout le monde sait que les araignées c’est comme les chauves-souris, ça adore se coller dans les cheveux - je me suis introduite dans le petit espace, parfaitement consciente du fait que je ne pourrais en cas d’attaque ou de chute ou de fuite me carapater en urgence. La cabane en question je ne peux en effet m’y tenir debout qu’en son milieu et le dos voûté, et m’y étendre qu’en diagonale, c’est au format minipouces. Pour y entrer, je dois me plier en deux. Toute fuite éperdue était donc exclue, j’étais coincée avec les bêtes : Fort Boyard à côté c’était de la gnognote.
Une fois coincée à l’intérieur, j’ai regardé autour de moi, trois cent soixante degrés d’horreur : il y en avait, en effet, partout.
Des frêles et longues, aspirées démembrées slurpées dans le mini aspirateur, des petites espouties(*) sous la chaussure dans un spasme de l’estomac, et puis, et puis, forcément, des grosses ventrues, de celles dont je ne me débarrasse en principe qu’armée du bras de monsieur.
Ce fut atroce.
J’ai éradiqué les yeux mi clos, écrasant dans des giclements poilus les importunes, poursuivant celles qui cherchaient refuge dans l’un des moult recoins, je me suis même surprise à les vilipender de « pchittttt pchiiiit » à l’évidence tout à fait inutiles.
J’ai vaincu.
Il fallait bien.
Ma phobie me demanderez-vous, s’en est-elle trouvée réduite à néant ? Ca aurait pu, en effet, être le déclencheur, l’événement, le fait glorieux qui remet les pendules à l’heure : les petites bêtes ne mangent pas les grosses, elles ont plus peur que moi, etc. Je crains hélas que ma peur ancestrale (c’est qu’elle remonte à quelques générations) n’ait gardé le dessus : à l’heure où je vous écris je sors de ma douche et j’ai brûlé mes vêtements.

 

(*) je pense que c'est un mot familial.

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marie 30/06/2011 07:09


si tu le dis "espaoutie" c'est pas un mot familial, ça vient tout droit du sud. je m'espoutis assez souvent aussi, en me prenant la poutre de la chambre de virgule dans la tronche quand j'y fais le
ménage...


Mariléti 30/06/2011 09:27



Merci Marie !