Mais je l'ai pas fait exprès euh

Publié le par Hemipresente

Elles sont plutôt douces l'une envers l'autre, je me délecte à les regarder, à écouter leurs jeux. Et pourtant ... Parfois c'est assez saignant, quasi silencieux jusqu'à ce que l'une, vexée, rompe la tacite entente qui les lie pour ne pas recourir à l'autorité parentale, mais lorsque l'une des deux dépasse les bornes j'entends une voix qui se hisse au dessus du brouaha ambiant, nette et bien posée, qui veut se faire entendre, et il me faut alors intervenir. Pas toujours.

Mais souvent.

Avant que cela ne dégénère.

Je ne saurais dire laquelle recourt le plus souvent à cette astuce décibelienne, c'est assez équilibré. Le truc c'est de réussir à prononcer les mots assez distinctement pour être entendue sans pour autant que cela signe trop évidemment un rapportage. C'est tout un art.

"Mais euh arrête euh tu m'as fait mal !" On n'appelle pas encore, on râle simplement. Si je demeure dans l'ombre, je sais que tout à l'heure, tout bientôt, on viendra me quérir, mais je leur laisse une chance de se rabibocher. "Oui bon excuse-moi j'ai pas fait exprès" "je vais le dire !" "non steuplé je suis désolée je le ferai plus et puis j'ai pas fait exprès". DEux options alors, soit un retentissant "Mamaaaaaaan !", soit une paix reconquise sans mon autorité. Je préfère de loin la seconde, moins chronophage, et qui n'implique pas de prendre parti : comment savoir laquelle des deux mérite d'être punie, ou si les deux doivent l'être, ou aucune, alors que je n'étais pas là au coeur de leurs jeux ? Parfois c'est bien net, il y a règlement de comptes rapide et sournois entre le moment où on m'appelle et celui où je les rejoins ; j'arrive alors au milieu d'un champ de bataille où l'on morve à qui mieux mieux, d'autant que la baffe vite refilée en loucedé fait souvent mal. Et je les imagine, guettant mes pas dans le couloir et s'envoyant une dernière mandale bien sentie ... 

Publié dans Humeur du jour

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