Mes loups

Publié le par Marie-Laetitia



 

Je marche contre le vent, jambes s’enfonçant dans la neige jusqu’au genou.

Le blizzard griffe les joues, ferme les yeux, givre les sourcils.

A chaque inspiration ce goût de sang dans les poumons, âcre, fumé, violent, mais je suis encore vivante !

Les hurlements mêlés du vent et de la horde qui guette tout autour de moi, sans nom, toute de dents et de griffes, se resserrent, tourbillons, constriction. Le cœur me cogne dans la bouche, ouverte, qui relâche par paquets une buée déjà froide à peine exhalée, palais palpitant, langue sèche. Je transpire sous la glace qui se dépose en minces couches, incessantes, toujours renouvelées, et je refroidis lentement, je m’engourdis, je m’abandonne.

A une croisée de chemins, à bout de forces et de courage, je m’adosse à un sapin immense qui a grandi sur un tertre, en vigie. Face à moi, se frayant un chemin à travers le vacarme de la tempête s’engouffrant à découvert dans la clairière, les grondements sourds se rapprochent.

On sonne le buffet et c’est moi qu’on dévore.

 


Publié dans Pwouèsi

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Florent 19/06/2008 14:53

Tudieu! Un texte à vous glacer le sang jusque dans les chaussettes!