Patassel le retour

Publié le par Marie-Laetitia


"Maman on en fait encore ?

- quoi donc ma puce ?
- des corations de Nowel
- des Décorations tu veux dire ?
- oui, t'aider corations, on en fait encore hein ?"

Eh voui. J'avoue... Toute honte bue ... J'avions remis ça... Là, pendant les vacances de Toussaint et chaque soir depuis la rentrée, on se lève, on goûte, on dîne, dans la patassel.

Ca devrait pas se dire que ça fait une semaine qu'on est dessus, mais entre le fait que j'ai bêtement essayé de réutiliser ma farine de blé noir qu'est pas panifiable, qui donc cuit pas, puis craquèle, puis, cette puterie, fait péter la première couche de peinture,  rapport qu'elle m'encombrait le placard pour rien depuis des mois vu qu'on n'en fait jamais des grapiots parce que les lardonnes aiment pas... BREF ... entre ça et : les pauses siestales de la cadette qui a enfin trouvé le mode d'emploi (je sais maintenant que Dieu existe !!) de la grassemat', ET l'incompétence congénitale de ma progéniture à concevoir autre chose que des escargots dans toute espèce de matière malléable (je vous assure : même leurs cacas sont à l'italienne), ça avance disons, sobrement, lentement.
Et pi après, quand c'est modelé, on laisse sécher. Douze heures.
Après on cuit, comment elle dit la recette déjà ? ah oui "entre 60 et 110 degrés plus ou moins longtemps selon l'épaisseur des pièces" démerde-toi avec ça. En pratique ça veut dire : huit heures pour un mini bonhomme de neige de cinq centimètres de haut. Oui mon amie. Si t'avais peur de pas aider EDF à redresser la barre cet hiver, fais de la patassel ! 
Après, quand c'est cuit et froid (j'ai dit on ne touche pas c'est encore chaud !!) on peint. Mamma mia ... J'ai deux modèles à la maison, le grand modèle vite lassé qui oublie toujours un coin en route, peste qu'on lui a piqué SA couleur et SON pinceau, et fait tomber du coude le pot de rouge sur le carrelage blanc que j'ai lavé la veille, et le petit modèle ravie au sourire aux oreilles, qui inonde tellement ses pièces de gouache qu'elles dégoulinent longuement, en grosse gouttes paresseuses, sur la table, sur sa main, dans sa manche "ELSAAAAAA CA GOOOOUUUUUTTE LA !!!!" "Ah ? Bon ?" et en soulevant bien haut la main qui tient le pinceau pour regarder son coude elle s'en colle immanquablement partout dans les cheveux tandis qu'elle appuie son autre coude dans une vaste tache déjà multicolore ...

Et puis après, monopole parental : on vernit. Et alors là, miracle ! Le terne et moche devient brillant et poli, les petits défauts disparaissent et tout rutile. On se penche à trois têtes au-dessus de nos oeuvres, on se fait de grands sourires et on passe le doigt, précautionneusement, sur le lissé d'un ventre rond et les petites ailes d'un angelot, mais voui tout est bien sec et clinquant, prêt pour l'arbre de nowel. On est fières et les puces retournent à leurs occupations.  Y'a plus qu'une demi journée de nettoyage pour récupérer le coin salle à manger.

"Maman t'es zentille de moi ? demande la petite une main autour de mon cou
- oui mon coeur, on a bien travaillé hein ?
- oh oui surtout moi ! ... et surtout Elsa et surtout maman !" ajoute la grande toujours un peu trop pressée de dire quelque chose, n'importe quoi, pourvu qu'elle occupe l'espace sonore, puis toujours trop soucieuse de rattraper les petites maladresses qui, nécessairement dans cette précipitation, lui échappent encore.

J'ai bien un peu insisté pour que l'homme participe et nous gratifie d'une sienne création mais lorsqu'il a vu qu'en matière d'escargots de Noël on était déjà bien servies, il a lâchement jeté l'épongue ! C'est dommage, je le souligne : j'ai souvenir d'un fort beau modèle de panda de pictionary qui, passé en 3D, nous aurait sûrement enchantées quelques belles années ... Non vraiment, c'est dommage.

Publié dans En douceur

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mylène 12/12/2008 23:16

j'adore ton texte vraiment au fait la patassel ça cuit très bien au micro ondes et c rapide
en tout cas bravo pour les créations