Frêle

Publié le par Hemipresente


Que c'est précieux. Regarde, je n'ose même la nommer ...

Peur de te faire du mal, involontairement, un jour, avec ma grande bouche, mes gros sabots, mon rentre-dedans que tous ceux que j'aime un jour repoussent, car envahissant. Je prends mille précautions devant ta fragilité qui me touche infiniment. Pas de coquetterie, une authentique délicatesse. J'ai trouvé, moi, un diamant tout brut et doux, qui s'ignore, qui vit coeur et tripes à l'air, qui s'est donné par amitié comme on peut le faire par amour, avec de vraies pudeurs et sans rougir, tu es ainsi, entière et belle. Je ne sais pas combien d'êtres aussi exceptionnels il me sera donné de rencontrer dans ma vie encore, il y en a, plusieurs, et déjà c'est inespéré.

Que restera-t-il au soir de ma vie : mon amour, mes enfants, et vous, mes amis de coeur, les évidentes âmes soeurs.

Reste. N'aie pas peur. Assieds-toi, on restera là à écouter de la musique, à causer de tout ou rien, à être juste bien et épatées l'une de l'autre. Si on avait huit ans on se tiendrait la main en se souriant à pleine bouche, on mangerait des bonbecs. Je suis là, j'ai confiance. Reste.



Publié dans En douceur

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cath 30/12/2007 22:08

Tout pour me plaire ce texte. Merci d'avoir partagé.

Kiki 01/08/2007 19:24

Tes lignes m'ont fait penser à cette longue et belle écharpe de brume, sur la mer, un soir de l'année dernière, à Ploumanac'h. Au fur et à mesure que le soleil tombait vers la flotte, on avait l'impression qu'elle se rapprochait de nous, que ses franges volantes allaient bientôt balayer nos visages, nous sauter au cou et s'y enrouler, douces et humides, si légères. J'ai fermé les yeux, tendu la main, pris une poignée d'air, dedans j'ai senti cristaux de sel et diamants d'eau, puis j'ai rouvert les yeux, l'écharpe avait disparu, évaporée, juste un souvenir intense, bleu... Frêle.

MarieLaetitia 01/08/2007 16:44

@Pascal> je suis très touchée que vous réagissiez sur ce texte. A travers vos mots on sent cette même exigence sans doute trop forte et idéaliste pour l'amitié, mais peut-on lutter ?

@Chris> Merci ma douce plume. Dis voir heureusement que j'y crois pas à l'astro paske chu taureau aussi. Le fortiche c'est que ça ne m'empêche pas d'être aussi à l'occasion une hyène putride à caractère de cochon. Bah nous sommes tous des chimères, et le mélange est parfois pas jojo.

Chris 01/08/2007 09:04

Ah bah...pour ce qui est des gros sabiots: chuis Taureau. Alors l'amitié, à force de foncer dans le tas elle a fini par apprendre la véronique!

Très joli ce texte Mariléti, doux, profond, juste.T'écris bien jeune dame! ;)

Pascal Perrot 01/08/2007 00:19

Vous avez, pour dire l'amitié, des mots infiniment touchants. Forts et légers tout à la fois. Et, je persiste, une vraie plume …