2009 - lorsque j'achetais des voitures et que je travaillais encore

Publié le par Hemipresente

Maman je veux pas Joelle aujourd'hui, hein dis y'a pas Joelle et y'a pas école et y'a pas travail et tu restes à ma maison ?

Avec un immense soupir je te réponds en forçant mon sourire que nous sommes mardi, que mais si je vais au travail, et ton papa aussi, et que tu vas chez tata Joelle, et que Mathilde va à l'école, et que ce soir j'irai te chercher avec la poussette, et je déroule ta journée comme il te plaît que je fasse jusqu'au moment de mon retour.
Ce matin cependant, ça ne fonctionne pas très bien, tu es très fatiguée, la nuit fut courte ou agitée ou le bénéfice des vacances de Noël est effacé déjà. Ce matin tu pleures et me beugles en morvant "nooooon je sais que tu vas jamais venir me chercher !" ...
Je jette un oeil à l'horloge de la cuisine, j'ai trois minutes chrono pour te remonter le moral avant de devoir vraiment courir pour attraper mon train ... Comment te rassurer, te faire sourire et te faire rêver tout-en-un ...?

"- Mais il faut que j'aille à mon travail ma douce tu sais ! Il y a des gens qui ont besoin de moi, qui m'attendent, tiens par exemple aujourd'hui eh bien je vais acheter trois voitures pour des chercheurs ! (1)
- oh ... ! Tu en achètes une pour papa aussi ?
- ah non je ne peux pas, et puis ce sont des voitures qui roulent toutes seules que j'achète !
- aaaah ... pas comme celle de papa qui marche plus alors ?
-non, pas du tout pareilles. Si je ne vais pas travailler on ne pourra pas acheter les voitures pour les chercheurs qui les font rouler toutes seules, ils seront bien em
bêtés !"

Cela semble te suffire, ton imagination a trouvé à quoi s'accrocher et me représente sans doute dans un vaste supermarché à véhicules divers, tu relâches tes bras autour de mon cou et me laisses partir. Ton papou sort des toilettes en réclamant lui aussi une voiture neuve, ta grande soeur baille toutes amygdales dehors, le chat s'extirpe de sa couette de radiateur en râlant, voilà, la journée s'amorce, je puis vous quitter.

Que faudra-t-il donc que je trouve la prochaine fois ...

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