Ne pas écrire, je n'y arrive pas. 
Alors j'écris...! J'apprends. 
J'espère. 
Je me relis et je change et je reviens à la charge et je rechange et je relis. 
Et j'apprends. Et je lis. 
Encore et encore et encore.
Par ordre d’apparition, partagent ma vie : mon chat, The viking, le chien, ma fille, ma fille. Le hérisson du jardin ne compte pas. Enfin tant que je ne passerai pas la tondeuse ... i risque de compter double ...

Les on dit

Vendredi 16 mai 2008
Ah la vache qu'est-ce que ça bousille l'intérieur cette saleté. Faudrait que ça pète et puis ça pète pas ! Mais ça grossit quand même au fil des phrases et du je ferme ma gueule. Si ça se trouve c'est comme ça qu'on prend du poids, de tous les mots qu'on s'est gardés dans la bouche et qu'on a déglutis sans en avoir le goût... Quand j'étais gosse je pleurais dedans, je sentais les larmes tsais, je pouvais même les voir comme si j'voyais l'intérieur d'une tête de poupée toute creuse qui coulaient sur mes joues mais dedans, je voyais même la lumière toute orange à travers les paupières fermées. Pas moyen de faire bonne figure quand ça me prend comme ça, et pi si j'en laisse trop voir et qu'on me demande si je fais la gueule et pourquoi, je sais que ça va tout péter et qu'y aura des morts pour sûr, je tirerai pas souvent mais ce sera pas des balles en caoutchouc tsais, ça sera du brut avec une tête fendue en quatre du genre qui s'écarte bien quand elle atteint sa cible pour faire plus de dégât. Je vois trouble, j'serre les mains sur ma tasse et dans ma bouche les dents à m'en dézinguer les plombages, ça grince pour sûr ça sent le vieux tortillard aux freins trop chauds qui marchent tellement plus bien qu'il faut que le machiniste il freine depuis le départ de la station d'avant ou qu'il accélère même plus. J'en ai des odeurs et des goûts sur la langue, un peu de sang dans le frémissement de la narine, ah putain de putain ce que ce serait bon que ça pète... Et puis rien, je referme la porte et je respire à plat, je redescends l'aiguille dans la zone verte, je prends soin de pas cogner la cuillère sur les coins de la tasse ronde, ouais les coins, pour pas la faire exploser tellement que j'tremble. Ouais. Faudra bien que ça pète un jour sinon ce sera mon cerveau qui va me sortir par le nez et pi se jeter en avant et gloutonner tout le réel qui me tue.
par Marie-Laetitia publié dans : Booooof
Jeudi 15 mai 2008
L'est pas ici mais chez les princesses :
http://liseznostextesmerci.over-blog.com

Mardi 13 mai 2008

Qui aurait cru que tu pouvais être si légère petite vie ? Rien qu'un peu de peau de nounours sur tes côtes, sur tes os frêles, rien qu'un peu de vie de bougie qui chancelle au vent, qui projette encore un peu d'ombre ici et tellement en arrière ... Un des tout petits témoins de mes jours d'enfance encore qui s'éteint, petite lumière douce, tu ronronnes lorsque je te saisis, délicatesse immense, je ne sais même plus adapter mes gestes à ton sous-poids, à ces éclisses et angles qui te tiennent lieu d'articulations et de mouvements ralentis. Va paisible petite lumière douce, frotte  contre ma main ton poil clairsemé et tes oreilles en parchemin de caresses, frémis, vibre ...

par Hemipresente publié dans : En douceur
Mardi 13 mai 2008


Avishai Cohen - Remembering
par Hemipresente publié dans : En douceur
Lundi 12 mai 2008

J'ai tourné sept fois la langue dans ma bouche, sept et sept et sept fois. Elle avait toujours le même goût. De cendres, de bois fumé, de braises. Elle n'a pas pris la liberté que je lui rêvais. Pas encore. Pas cette fois. Cela viendra. Cela finit toujours par venir. Plus dure sera la chute, plus longue sera la rancune. D'ici là, je savoure ...

 

La salamandre de Saint-Paul de Vence

J'arrive à Saint Paul (1) par la mauvaise route, ou la bonne, celle qui tourne, elle aussi, sept et sept et sept fois par la montagne. La mer à droite, tout au bout de mon angle ouvert dans la portière, le souffle coupé, clim' à fond dans les mirettes à m'en freezer les oreilles, dire qu'il y a des gens qui vivent ici toute l'année ... Je savoure le chemin, j'écoute toujours les chats (2)... Encore un virage qui chasse l'autre, la chanson de Duteil en fond hypnotique (3), ma tête qui ballote un peu avec douceur et la nausée hésitante... Et l'homme qui conduit, sourire énigmatique aux lèvres.
Il a bien préparé son effet.

On monte, on tourne, je ne sais pas où il m'emmène, je le suis, j'aime.
Il nous distille un jazz léger qui se boit sans effort, sans soif aussi, et sans modération. Un déhanchement, une syncope, tam tititam tam tam ... C'est beau ça ! Faudra que tu me le trouves (4)

Et puis plus de mots.
Voilà, le dernier tournant. Le clocher monte, je n'étouffe même pas l'admiration qui devrait être muette mais je ne sais pas très bien faire, j'dois être comme la Marie Rennard, j'parle trop (5) ... Sous le clocher, il y a la beauté, la vie, les murs hauts et clairs, les fontaines, on dirait qu'on a dû construire tout ça d'une pièce, vous voyez comme c'est fait presque en papier, comme ces crèches calendriers de l'Avent en trois dimensions qui vous sautent dessus d'une page à l'autre du livre pour enfants, Béthléem, à moi, je t'ai trouvée ! Pas un détail qui cloche, ah si trop de monde, trop de parisianisme, trop de snobisme, trop de -isme, les galéristes polyglotes qui ne parlent presque plus rien comme il faut,  les cars de Chinois et leurs guides parapluie jaune aux baleines explosées bien raide en l'air... Mais les murs, mon Dieu ! les murs ... les ruelles, les portes et leurs fermoirs, les remparts "interdits et la mairie décline toute responsabilité", les galets dans le ciment des rues dépavées, les amarilis et les roses trémières griffant les murailles, et au détour, d'un coup, la salamandre qui me saute aux yeux. Encore. Je souris bien sûr, faut dire que ça me suit depuis bien des années maintenant, cette bête strange ni nocturne ni facile à voir, que le roi François arborait au blason (6) comme symbole de son éternelle vigueur (7). On poursuit, on en fait vite le tour, c'est si petit, mais voilà ça me pulse là, maintenant. Un petit air de Buena vista social club dans la démarche (8), je dois être deux petits centimètres au-dessus du sol. Dis quand on gagnera au loto on viendra ici
hein dis ? Ou à Tourette ... On aura des tas de chats et on les écoutera roucouler leurs coïts sur les remparts ...



___________

(1) de Vence. Un département qui vote à 68% UMP mérite vraiment pas des perles comme ça ...
(2) c'est celui du Cheshire qui fait cette recommandation-là. Dans Alice. Au pays des merveilles elle aussi.
(3) Virages. Il a pas écrit que de la merde.
(4) Avishai Cohen - Remembering
(5) Lire ici avé le faqueteur http://rennard.canalblog.com
(6) Premier. François 1er.
(7) La salamandre est réputée pouvoir traverser le feu sans dommage et n'en est pas pour autant assimilée à une créature démoniaque. Mystère mystère ! Alors que le chat qui bouille pas était cloué aux portes de grange ...
(8) "Chan chan" : http://www.youtube.com/watch?v=6JEdf7XsV5g 

par Marie-Laetitia publié dans : En douceur
Samedi 26 avril 2008
... vous pouvez le lire chez Les Princesses : http://liseznostextesmerci.over-blog.com/
Vendredi 25 avril 2008

Jean Sarkozy semble avoir hérité de son père, à défaut de l'intelligence chafouine de politicien chevronné (quoique ... on sait pas ... parfois ça se révèle plus tard il est encore jeune ...), sa mégalomanie galopante et tapgeuse. Ainsi, pendant que son papa paradait sur TF1, le sourcil anxieux, le poignet nu (tiens où est passée sa montre ?), le verbe nouvellement humble et les explications se prenant les pieds dans le tapis des réformes, lui, louait hier en toute simplicité et intimité (à peine une vingtaine de journalistes invités) pour la soirée un théâtre de trois cents places (avec un S à cent, notez bien les enfants) qu'il mettait à disposition, généreusement, de militants et sympathisants UMP pour suivre en direct live l'intervention télévisée de son Président de père. Aux journalistes qui ne lui avaient rien demandé il répondit à peu de choses près que cette grande communion d'intelligences devait lui permettre de mieux comprendre les attentes des militants.

"Mieux comprendre les attentes" ...

Autorisons-nous une seconde à rêver ... A rêver que demain lui prenne l'envie de suivre ainsi pour mieux comprendre leurs attentes, en direct live baignant dans la chaleur un peu moite des fonds de salles communales parées pour le débat, les réactions de, allez au hasard :
- trois cents profs
- trois cents chômeurs
- trois cents retraités
- trois cents cheminots
- trois cents jeundécité
- trois cents militants de gauche
- trois cents français moyens
- trois cents travailleurs pauvres
- trois cents sans-papiers
- voire, soyons fous, un panachage de ces différents groupes (lesquels d'ailleurs peuvent parfois se recouper entre eux ; on peut ainsi être prof retraité maghrébin français moyen, ou jeune des cités, militant de gauche, ET travailleur pauvre ...)
bref ! une fraction de la population autrement plus représentative de la France ...
Ne peut-on légitimement estimer qu'il en ressortirait des remarques, suggestions, idées, opinions, plus dynamisantes que celles émanant d'un parterre conquis et partisan ? Ce serait bougrement tonifiant, non ? Allez Jeannot, lance-toi ! On est tous derrière toi ! (Poussez pas derrière y'en aura pour tout le monde.)

Si on vous invite, vous autres, vous venez avec ? Parce que moi j'aurai plein à dire ...

par Hemipresente publié dans : Humeur du jour

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